TEXTES EN  LIGNE

 

                                   

  Remarque : nous avons essayé dans la mesure du possible de respecter la police d'écriture et la mise en page,
il peut cependant subsister des imperfections.

Hervé brunaux  

 

Fabrice Caravaca [1]

 [2]

Eugène Cé 

 

Lucille

 

Lucien Suel inédit [1]

*.* 

Charles Pennequin inédit [1]

 

Yvan Corbineau

 

 Jean-Claude Ismar

 

 Jihane El Meddeb

 

Christian Prigent

 

Christophe Manon

 

 David Sillanoli [1]
 [2]

Cécile Richard [1]
[2]
 

Arno Calleja

 

 Franck Laroze

 

 Antoine Dufeu

 

Rémi Marie

 

 Jacques Sivan

 

Edith Azam

  

Virginie Poitrasson

 

Alain Robinet

 

 Rachel Defay-Liautard

 

 Philippe Cou

 

 Ariane Bart

 

 

Claude Favre

 

 

 

 

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

 

 

 

COMPOST


      
une plume

             un désert

                 une tasse de thé

tourne la cuillère

dans le désert

vole autour

la plume

 

ton mouvement te ramène

toujours à la même place

alors essaie les ronds-points

        tu verras l’air y est

        vicieux et le

    cercle léger

 

bande tes forces

repousse la paroi

la porte n’est

plus une porte

l’air est absent

la plume n’a pas bougé

la paroi a choisi

le centre du désert pour

tourner autour du monde

 

 Hervé Brunaux

 

 

 

 

 

 

 

    

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

 

   

 

alors nous nous apparaissons

face à la pensée

parer à la naissance

nous toujours plusieurs

nous toujours indéfinis et irréversibles

nous nous alors nous nous jetons nos bras

au visage nous nous aimons comme ça

encore nous nous aimons

de façon indéfinie et irréversible

nous nous aimons et nous nous serrons

et nous serons dans ce serrement là

et nous serons par ce serment précis

et irréversible

où tout est formulé dans un savoir

issu du fond des grottes

alors encore la magie opère

et nous apparaissons 

nous nous apparaissons et nous nous nourrissons

derrière nos contours

dans le feu du fond des grottes

et nous nous nourrissons de nos contours

avec la langue et avec la bouche

avec la langue dans la bouche

et nous serons dès ces lendemains

unis déjà à nos corps formulés

et déformés dans la joie des mots

de nos incantations

et nous saurons nous apparaître

en tant que tel et tel

 

Fabrice Caravaca

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

à celui-ci
qui n’est pas dans la combe
qui n’est pas dans la courbe
qui n’est pas la courbe
pas dans l’arrondi du zéro
dans la rotondité du double zéro
dans l’accouplement de deux zéro
dans le huit
huit fois prononcé
dans le soixante-quatre
dans le six fois quatre
de ma voix
de ma voyelle initiale
et initiatrice
dans le mot PO
le mont PO
la main de mon initiale initiatrice
et vindicative
dans l’arrondi de la courbe naissante
du corps du zéro intégral
le zéro d’or
le zéro doré et auréolé
par l’absence de celui-ci
de l’arôme arithmétique
de celui-ci
après le zéro
la course
vers la multiplication de nos initiales verbales
vers l’oralité du nombre initial
la perpendicularité du chiffre
et de la lettre
du zéro et du O
du O dans le mot PO
sonore et numérique
comme celui-ci
sonore et numérique
par son absence de la combe
du refuge géographique
de la combe
de la combe comme un zéro
et non comme double zéro
la combe sans écho
et sans vide
la combe humaine
le comble de notre humanité mathématique
et seulement mathématique
dans l’approfondissement du zéro
celui-ci
dans l’approfondissement du zéro d’or
du zéro doré
doré sur les épaules
le matricule zéro
vers la multiplication des épaules
et du zéro
du zéro d’or
de celui-ci

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

jouer

aux osselets

avec

ses doigts
 

les vertèbres

c’est fini


le Soleil

mort

du cadastre de nos cinq étoiles

peut atteindre

si

serein

le Gouffre de lumière blanche

 

Eugène Cé

 


 > répond aux questions<

>de Sylvain Courtoux<

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

     

     

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

ÉTOILE* POINT. ÉTOILE*

*.*

par Lucien Suel

 

 

AKTION KUNST POÉSIE

CYBERNETIC FICTION

PRODUIT GARANTI À BASE DE PULPE EXTRA DÉCHARNÉE, 85 % de chair hyper-pitoyable, astucieusement sélectionnée, provenant exclusivement de nos abattoirs. SANS AUCUN COLORANT.

 

Paroles. Calomnies, bavardages faits, entendus, non empêchés, médisances en mélodies, tomes, écrits et plaidoyers diffamatoires, (Il faut dire sur quel motif on les a faites, devant combien de congrégations, si elles ont eu des achèvements préjudiciables.) discours contre la charité, rapports inutiles, authentiques ou fallacieux, semences de prises de bec, railleries, mépris, mauvaises admonestations, flatteries, ovations au mal, témoignages truqués, déclaration du mystère ou des erreurs d'autrui, humiliations, offensives, causeries outrageantes, imprécations, malédictions.

 

Pour que cette saucisse sèche répande toutes ses exhalaisons et sa senteur, nous conseillons de forer l'emballage 230 secondes avant toute dégustation.

 

Il arrive que les bovidés, après s'être trop sustentés de trèfle ou de luzerne, soient gênés par un inamical gonflement de la panse. Ce revers est la météorisation. L'herbe verdâtre, en fermentant, fabrique du gaz qui gonfle la panse. Celle-ci empêchera donc les poumons de fonctionner. L'animal peut décéder asphyxié. La thérapeutique la plus foudroyante consiste à percer la panse, sur le flanc senestre, avec un couteau spécial appelé trocart. C'est un couteau logé dans une tubulure. Le couteau perce... la panse, et les gaz peuvent s'enfuir par la canalisation.

 

- Se ronge-t-il les ongles ? oui-non.

- Bouge-t-il sur sa chaise ? oui-non.

Incongruité monumentale : L'EUROPE COMMENCE AVEC LE TRAIN.

 

Soigner les poumons gorgés de sang. La fièvre de vaincre la mort se déploie de pair avec la béatitude découverte dans la chevelure de la comtesse. Mais les derniers équilibres explosent.

 

Inciser sur la longueur totale avec la pointe d'un couteau. Votre saucisse sèche se pèle complètement avant le découpage, ce qui permet à votre marmaille de ne plus retirer le boyau sur la tranche.

 

FORMAT FAMILIAL 10 kg.

ÉNERGIE MODERNE. DADA nous protège.

FROM BAUHAUS TO OUR HOUSE

 

Everybody reads and many people hate... à Central Park, parloirs féminins avec assemblages de graffitis, mémoire désertique, lait américain avec pose, vieillard qui erre d'une maison à l’autre dans les bruns ou les noirs. AUTORITÉ de chevaux de bois ivrognes. L'apparition du chancre minus de la came guerre fait disparaître le sevrage aiguille qui s'embourbe en explosion.

 

TORCHONS ET SERVIETTES. TRANCHE DE 30F D'ACHAT.

GRADATION BEAT HOTEL.

Le petit bois dans une apparition de drogue.

 

Je me hâte vers la console de repassage. Les mouchoirs pliés tremblotent entre les draps. Les appels des aficionados démantèlent leur échine respiratoire.

 

Paroles : Exprimer ou entendre avec plaisir des paroles dégoûtantes ou à double sens, fredonner des airs dissolus, y prêter l'oreille, entretenir des discussions trop libres, trop familières, surtout avec des personnes de sexe différent, ou les consentir chez ceux qu'on doit reprendre, coups d'œil de curiosité et de sensualité sur d'inqualifiables objets, comme tableaux, livres..., assemblées criminelles, dangereuses, s'exposer à l'espérance de pécher, ou la provoquer chez d'autres en prêtant de détestables livres, en portant des habits immodestes. (Il faut tout dire le plus modestement possible. Avouer les circonstances qui changent ou qui aggravent le péché, et dire si l'on a mis en pratique ou négligé les moyens de se délivrer d'une si dangereuse et si damnable passion. Bien examiner ce qui est intentionnel ou involontaire, le nombre des attentats, le temps que l'habitude a duré, l'occasion qu'on y a donnée, etc...)

 

Le nouvel emballage de cette saucisse sèche permettra une conservation prolongée sans privation de poids ni dévalorisation de saveur.

 

Mémoire de lady à la place de la tête enjoy Coca Cola orgue naturel connu abordé par le café de 3ème ordre sous le poivre et l’esprit viande. Visceral, raw, passionate and sexually charged. Rouges noircies débarrassées de pepsi rouler dans le courant inscriptions en Flash femmes blondes pour s'amuser en guise de cinéma aphone de béton inscriptions dans le subway soleil bouton des lèvres graffitis graveleux but a corpse avec son ours antipathie et Galveston lui caresser le pussy attendre sur la liseuse rouge une fille qui se c... le p... mots affiches déclarations on ne sait quoi phase chambre 23 are loved as we are des articles d'un green game à Nugget The Mint geste des sacs qui ne mènent nulle part accumuler les "il y a" dans les rues par le temps du coca-cola caniveau fil en rouge Flash qui interprète à la raquette hantise de béton dans le subway et mouiller des lèvres graffitis orduriers nothing but... dada. Walk bocal avec un Central territoire sur une area de trafic de camions aux murs de brique du pied une boîte bruit de la taverne avec filet spectacle. Wonderful Woman Batman avec un sexe géant jouer comme un stupéfiant d’asphalt jungle to the people rouges agaceries sans rouge dépouille en sandwich of crazy events réminiscence de paupières qui voyagent.

 

Une tasse de thé : Nan-in, maître japonais sous le règne des Meiji (1868-1912) reçoit un jour un professionnel de l'université venu chercher des informations sur le zen. En servant le thé, Nan-in emplit le bol de son visiteur à ras bord, et continue à verser. Le professeur voit le thé déborder. Il s'écrie, excédé : « Plus une goutte, arrêtez ! ma tasse est pleine ! ». Nan-in lui dit : « Tu es comme cette tasse, débordant de ta propre expertise. Comment pourrais-je t'expliquer ce qu'est le zen si tu ne vides d'abord ta tasse ? »

 

IL EXISTE DES SEISS-INQUART POUR TRAHIR LEUR PAYS. ON ESPÈRE TROUVER DES HACHA POUR EN PARAPHER LA DÉCHÉANCE ET EN CONSACRER L'ASSERVISSEMENT. MAIS LA FRANCE TOUTE ENTIÈRE S'EST LEVÉE. Voilà ce qui est établi : LA FRANCE TOUTE ENTIÈRE S'EST LEVÉE. Son Président du Conseil avait qualité, lui qui arbore en son cœur, en son cerveau, toutes les épouvantes du drame épique au milieu duquel nous vivons, pour relever le gant. C'est à lui de répondre aux tristes mensonges de la dernière appréciation d'Hitler. En quels termes hautains, avec quelle âcreté et aussi avec quelle précision dans le rappel de la loi, il a établi la félonie teutonne.

 

Photocopies de documents Dada : MAHKNO. Lot de graissage comprenant : 1 pompe à graisse avec embout lub., 1 seringue à huile, 1 cartouche de graisse. BOUDIN NOIR.

Construction de phrases : (O/N) ; emploi du « je » : (O/N) ; glossaire : pauvre, normal, riche ; intelligence : bonne, médiocre.

 

Une genèse fumeuse s'enveloppa dans mes couvertures. Une guenille de pensées me fit douter de mes facultés. Mes draps étaient nus en face de moi. Je me trouvais devant mon double sort inventé à la force d’événements qui me vaudraient une médaille d'argent ou de diamant, inclus dans la phynance de la république nique nique. Être ou ne pas être. Affection ou dérision. Liberté ou prix. Blanc ou Noir. Compétent ou bref. Jacques ou Joseph. Argenté ambré ou hâlé marron. Jean sans foie ou Jean sans peur.

 

L'image simple d'un homme au tempérament à la fois compassé et nonchalant.

POT-AU-FEU AVEC OS.

POITRINE FUMÉE.

 

Tenez l'appareil comme il est indiqué ci-dessus. Inspiration par le nez. Maniement de l'embout nasal. Ne pas oublier de se moucher. Appliquer l'extrémité de l'embout nasal dans le trou de nez droit. Inspiration par la bouche. Utilisation de l'embout buccal. Enlever l'embout nasal en le tournant légèrement. Arranger l'embout buccal. Placer l'embout buccal dans la bouche en refermant les lèvres tout autour.

 

PLI NON URGENT mais contrôlez périodiquement la lisibilité. Étoile* Point. Étoile* : ouvrage par un club de poètes, se proposant, selon la phrase de Jean Paulhan qu'ils avaient copiée comme signe distinctif, de disséminer tous "ces textes curieux, modestes et apparemment inutiles" qui, sans doute n'auraient pu voir le jour autre part.

 

LA BATTEUSE MÉCANIQUE MODERNE ET L'ÉLECTRICITÉ MODERNE AU VILLAGE. Ce jour-là, les fléaux étaient lourds dans nos mains... Les fléaux dont cet écho sonne au fond des vieux murs, se chargeaient ce jour-là d'une curieuse lassitude... Ils boitaient et parfois faiblissaient, comme un homme dont la vie est usée, dont les pas n'ont plus d'idées. Et puis, l'un après l'autre, ils se sont tus comme étouffés, comme mangés par une force... Par une force qui venait de naître, par un chambard qu'on n'avait jamais discerné, et qui montait et bourdonnait par le village figé. Accrochée au moteur tournoyant, la batteuse happait, avalait, broyait les gerbes lourdes, crachait comme la nuée pailles, flocons, poussières, et tout le blé jaillissait comme un flot de ses flancs... Puis tout à coup, au centre du village, parmi les ruelles, comme une aurore, la lumière jaillit, cataracte éblouissante, au sommet des poteaux de ciment et de métal qui, de même qu'un humain étend ses bras pour déployer sa force, soulèvent, en haut des maisons et des champs, les câbles étincelants qui les relient entre eux et qui relient entre eux, les hameaux aux hameaux, et qui s'en vont plus au loin de par le vaste monde... Salut ! salut, lumière amie, belle fontaine ! Pour la toute première fois, ô viens, répands-toi sur nous, sur nos visages et nos mains, nos torses et nos bras, nos haillons et nos bérets... Ô viens fouiller les recoins de nos domiciles sordides, ô viens forcer de ton poing lumineux, dans nos crânes, les idoles pourries et les spectres, ô rejaillis en force sur nous ! Salut, beau fruit abondant ! belle lumière amie ! Soyez les bienvenus en ce soir au milieu de nous.

 

Faites circonscrire votre pourcentage de cholestérol, mots irradiés, labours d'antennes dans le ciel d'eau, parole horizon splashant illumination-laque, flocons et bribes - un rire solitaire pogné sur le toboggan, un morceau dans l’herbe, fumée d'œil froid, poussière murmurant "civilisation". On ne rend hommage qu'aux morts. La séquelle, la dérive, le lyrisme, la défonce, tout n'est qu'une entreprise de MÉCANIQUE.

 

Les discours se détruisent dans ma bouche. Je m'écoute dans un remugle de douche. Une plainte exécrable de chasse d'eau s'étend sur les prairies. La flotte de douze veut une vis et un écrou. Réparation égale mea culpa. La mécanique étant terminée, je plongeai. Un tintouin d'huile électrique m'envahit le tonneau de suinte sueur éclectique. Un curé imberbe se mit à poil devant moi. Je lui fis voir mon nouveau pantalon. Encrassé sur le gazon, arrosé dans mon salon. La flotte = la rondelle.

 

Culotte fendue. Tailles : 1, 2, 3. 73 F. Culotte fendue T : 1, 2, 3, 4. 77 F. Blanche : 506310. Noire : 506320.

Le nerf parle : LES FEMMES, connais pas. Boîte à musique - cœur-horizon... En dépit du syndrome bénévole, canonisation, lacération et vitesse, on ne manque à aucune période, d'une religiosité à l'air morne, descendant du ciel-image.

 

intermittently published, oversized paperback in thoroughness & of its invest international post-punk subculture.

SHAMPOOING DOPE. SAVON CAMÉ.

 

Mlle Louison Gibertie, 2323 rue des Lettristes, Lorin, 79600 Airvault : « Je suis âgée de 72 ans. J'étais atteinte de douleurs rhumatismales et d'arthrose en pleine colonne vertébrale depuis 15 ans. Par une séance de 20/25 minutes par jour, mes douleurs ont disparu. Je poursuis maintenant des séances pour entretien de temps en temps. Je suis satisfaite de l'oratorio à écraser la chandelle. »

 

La lumière s'est éteinte. Le jour est d'une couleur flamboyante. L'âtre fut un arc-en-ciel. Le bond de joie était là. Monte flamme légère. Le concerto énorme retentit dans l’éclat sale et solaire d'un nuage pastorien. Où sont passées les neiges d'antan...

Le vent des temps s'étend vers les champs, flamboyant au feu ouvert, en l'immensité d'une buse incandescente. Une route. Un chemin. Un trou. Je tombe dedans. L'apparition, dans le sirop buccal de l'âme mendiante, tente sa chance au bazar de cécité.

 

Pour un maximum d'hygiène, une pochette plastique est prévue, normale, avec un vrai péril de diffusion bactérienne. Son traitement usuel ne dépassera pas 10 jours.

 

(…)

 

Courrier : Je m'embête ; cueillez-moi des jeunes filles et des iris bleus dans l'aveuglement des suffocations avec les papillons bleus qui dansent à midi, parce que je m'embête, parce que je veux les papillons bleus qui dansent à midi, parce que je m'embête, parce que je veux les voir, les petites bêtes roses sur les choux, les ails (on dit aulx), les lis. Je m'embête. Ces lignes que je rédige m'embêtent aussi, et mon chien se met à loucher assis en écoutant le coucou qui l'embête comme je m'embête moi. À coup sûr, ces trois cils de mon chien de chasse, de ce chien de poète, sont tristes.

 

Nos villes prennent un aspect misérable. Quinze déclarations du Congrès affirment que notre fourbi convenable est un châssis approprié pour chaque million d'américains qui suent encore dans des cabanons inférieurs à la normale. Un nouveau programme, une nouvelle contexture du logement et de l'année dissolvent le sel. Nos locaux scolaires reçoivent six millions pour normalement en renfermer quatre-vingt cinq, et ne sentant pas la qualification requise assurent donc BIEN... (BIEN QU’ON ?) et nos universités sont mal préparées à ouïr les scientifiques, les professeurs et les motopompes mondiales... Mais tous ces cas pâlissent quand on les a pour faire face tout partout dans le monde qui se multiplient. Chaque jour, leur solution devient le premier corpulent obstacle, plus aussi celui des tiques et la Chine communiste. Nous devons à l'illusion l'une ou l'autre dans leur domination mondiale. Notre tâche sera de vaincre afin que l'agression et la subversion ne soient pas poursuivies. Ce serait la fin d'une compétition franche pour les marchés, pour les réalisations de l'esprit de l'homme.

 

TOUTE COPIE PARTIELLE EST INTERDITE !

BOUM, BOUM ! c'est donc cette musique vous appelez ça de la musique, vous ?

DESSOUS DE PLATS.

 

DÉCLASSÉ. LES ENNUIS ONT DES ANIMAUX (suite) : Steak de cheval haché Pâté de campagne Saucisson porc et bœuf Pâté de foie Aiguillette et gîte Entrecôte de bœuf Saucisson porc et bœuf Pâté de campagne Langue de bœuf Saucisson de cheval Côtes à l'os de bœuf extra Merguez extra Crème de foie Escalopes de veau Bœuf au jus Jambon entier nu Poulet cuit. (Jacques Pâture)

 

CHEZ LES NOMADES DU TRAFIC. La piaule syndicale des représentants et voyageurs de commerce en mécanique et fonderie, affiliée à la Fédération nationale, (223, rue Rotten-Lydon, à Paris. Tél. Gut. 39-45) vous informe, vous, les industriels en mécanique et fonderie qu'elle est ici en mesure de vous fournir pas mal de représentants qualifiés.

 

« Dans la tête, on a aussi une cervelle et dans la cervelle il y a de l'eau qui coule ; quand ça fait des vagues, on a du mal à la tête ; quand ça dort on dort aussi on n'a plus mal. »

Séance de rêve éveillé : Le cœur est-il un muscle ? un os ? un nerf ?

 

NON, NON, NON À L'ÉQUARRISSAGE. CENTRE D'INCINÉRATION ANIMALE. C.I.A. 24H/24.

CE DÉPARTEMENT SERA ANNEXÉ PAR LES POMPES FUNÈBRES RABIN. KAPUT GROSSES BÊTES K.G.B. 24H sur 24.

 

RÉSERVÉ PAR SYMPATHIE.

SÉLECTIONNEZ VOS PARTENAIRES : rencontres discrètes puis contacts rapides 3615 LAPIN.

FINI LES DIALOGUES MOUS ENFIN UN NUMÉRO 100% DE PLAISIRS.

COMPOSITION DE 6 ACCESSOIRES : Tuyau et raccords équipé d'un crochet de suspension. Manomètres de contrôle de pressions. Soufflettes. Pistolets à peinture double réglage. Pistolets de gonflage. Pistolets pulvérisateurs - une rallonge permet d'utiliser toutes les peintures (laques, synthétique époxy, émail).

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Ah, Le Noble Métier ! Fantaisie humoristique pour garçons et filles de 8 à 12 ans. Tous les enfants les jeunes y songent au métier qu'ils exerceront quand ils seront grands. Nouveaux veaux

 

CHER ONCLE BILL. Série américaine. Une rediffusion. Intellectuel surmené, un convalescent... IVAR obéit au doigt et à l'œil. IVAR, le parti le plus libéral. C'est un programme pour réaliser tous rangements sur mesure : IVAR étagère, plus d'un mois avec lui, avec le comte de Lautréamont. On n'est pas vraiment obligé d'utiliser IVAR pour fabriquer. Voici la petite mallette fibrite dite de "football", très forte, encadrements métalliques, et coins de renforcement métalliques, et 2 serrures nickelées, poignée en imitation cuir, l'intérieur doublé fantaisie avec un compartiment intérieur fermant avec pressions, qui sont métalliques, et coins de renforcement métalliques, et 2 serrures nickelées, poignée en imitation cuir, l'intérieur doublé fantaisie avec un compartiment intérieur fermant avec pressions, qui permet d'isoler le linge, les machins délicats du contact des chaussures de football.

 

LE RASOIR MÉCANIQUE VIBRANT, UNE GOULE MOUSSUE, LA BAFOUILLE GLUANTE, L’AMIBE NUE, Le Service de Presse, LA GRANDE GODASSE, UN CHOUETTE PETIT LOT, LE HOTU, LE TEXAN, ROULETTE CHINOISE, LES CHIENS EN RADE, LE CERCUEIL CAPITONNÉ, BALLETS DE BARBOUZES, J'AI PAS DE FRANGIN, CROC ROUGE, LES TIGRES ONT LE GRAND BRAS, LA TISANE À L'OURSE, MON DIVAN INDUSTRIEL, LA HORSE, PAPIER TUE-MOUS, ORAGES INTER, ACHEVÉ D'IMPRIMER LE 23 NOVEMBRE 1969 PAR MOLARD ET TAPIN. (inadmissible !)

 

Tout trouble l'esprit. C'est triste ! De luxe ou de luxure, cela est tout au SERVICE DE LA POÉSIE. Au moment où la corde casse, elle ne peut plus vibrer, il n'y a pas tension des cordes afin d'obtenir une dissonance. C. C. C., on se les ôte à soi-même. Les indissociables - le Cerveau, le Cœur qui s'interpénètrent et puis Cerveau + C sans Cul c'est l'instinct sexuel qui ne pourra être noir pivote vers le haut, bleuit soudain, se projetant vers la chasteté des prêtres. Que le monde plénitude s'équilibre de l'hexagramme sainteté ! Or nous ne sommes plus les saints suaves de l'ancienne Edda de la mythologie. Chacun doit être modéré et rien trop sage, le cœur est rarement heureux sans attrait sexuel en amour.

Il n'y a de même, Cerveau et Cul sans Cœur. L'instinct sexuel s'allie alors à l'intérêt. C'est le domaine sordide sans touche sentimentale. En amour le vieux est toqué - Naacals et Mayas, à l'image du Soleil, feu central rayons CCC Chinois Cosaque Cow-boy... astres agissant, cause ou sujet lampion d'un codex. Cette action, son effet ou son principe ésotérique d'alchimie où les particules ne sont en théorie des quarks qu'une tri-unité de 3 éléments indivis des lettres de l'alphabet : C, A, Q. le Cul Q le sang rouge. Chacun des 2 triangles de son libre arbitre, les utiliser dans un hexagramme - étoile à 6 branches pour le (ou la ?) séphyre de la kabbale juive "Thipheret". C'est la plénitude de l'infini humain (triangle - eau) et de l'esprit divin et bas (triangle) et de ce qui s'élève. C'est simple, c'est l'interpénétration des deux, le mâle et la femelle.  La Plénitude s'exhale par addition dans chaque pentacle, et le triple triangle recroisé tantôt se tourne vers le bien du mal (tentacule symbole sur la tête du bord, anse de panier, gramme de l'amour baignant dans le liquide de "L'AMOUR"). Le tout est imprégné de l'œcuménisme des amis poètes, ou presque...

Nous n'avons pas de porno, sauf le porno d'eunuques désaxés en mal. On s'écrit le décrit, on dessine toute la sauce. Je tiens personnellement la beauté, je possède la belle importance dégradée. Voici comment je le conçois pour rien que l'instant, paraît-il, l'animal du groin. Pour ce faire, j'ai composé de l'Amour ou de la vie saine.

 

"Quand on est mort, on est très loin, derrière les nuages, on regarde les gens pleurer, on voit la tombe et on aime les belles fleurs."

Nous pouvons fournir de la canne pour chaises et un instinct sexuel.

Nœud moyen modèle : long. 16 cm, l'un 23 F. Nœud grand modèle : long. 28 cm, l'un 35,00 F.

 

Les impressions variées composaient leurs mariages comme une marmite qui bout : si elle ne tarde pas à se refroidir et que le couvercle ne bouille longtemps longtemps... Amour il n'y aura pas de bonheur durable. Mais si la qualité est une nouvelle fois affichée, c'est une juste synthèse des 3 tas de navets. Choisir, mais aussi savoir doser dans un but matériel et bas pour un idéal spirituel et élevé. Aucun porno beau ne peut être utilisé séparément.

Ils n'ont une valeur stable que s'ils s'équilibrent. Mais si nous chiffrons les lettres de chaque mot, nous avons CERVEAU 7 CŒUR 5 CUL 3 = total : 15.

 

(La chaleur peut pourtant provoquer la légère décoloration du chocolat, mais qui n'altère en rien du tout le fumet du produit marron.) Le plus important, apparemment - mais, dans la vie, tout n'est qu'apparence, l'important étant ce qui est profond - c'est le Cerveau (7). Le plus auréolé, quoi qu'il n'en paraisse que ternaire en lui-même, ce sera le Cul. Le total des trois donne 15. La moyenne est 15:3=5, chiffre du cœur qui se trouve ainsi, être juste une moyenne, attestant que l'Amour ne saurait exister sans avoir une touche sentimentale. Être membre du club est un privilège adipeux. Chacun, en soi, a son importance même, et sa priorité, et ne peut être délaissé. L'Amour réel et complet, l'Amour équilibré, pouvant seul conduire à une vie heureuse, une juste synthèse des trois mots, qui la composent : VIE DE VEAU. Le Cerveau. Le Cœur. Le Cul.

Cœur + Cul sans Cerveau, c'est rude.

Quand la réflexion disparaît, le coup de foudre non réfléchi est un feu de paille. Les Chinois de là-bas, loin dans leur sagesse, disaient-ils, la vie sexuelle, on se marie, alors que la marmite est un couvercle qui retombe, mais si on chauffe progressivement, là cela dure.

Le véritable Amour, La véritable sagesse, ce sera le sentiment et l'instinct sexcuel. IN MEDIO dit : "L'AMOUR"  hors normes pullule. Un déchaînement hystérique rare assaisonne le cul par ses ingrédients à en perler car c'est aussi horrible de l'oublier que notre vie d'humain, nous qui sommes -Super- loto Gigi - Maîtres de l'Univers dans le domino loto. Abattant noir ou blanc, le pentagramme, étoile à 5 branches, est symbolique de l'homme qui, en vertu de l'homme parfait, se met cheval 2 3. Certains piquent le X ! De même, dans notre idéogramme, du vert, rouge de l'infini.

 

9.40 PENSÉE CONTEMPORAINE : L'union rationaliste.

10.00 MESSE DES MALADIES À SAINT-ASTIER. Animation des malades liturgiques par le Chœur des Gendarmes, dir. Olive Byzanceno, Charles Pennequin, orgue, fanfares et batteries de la Gendarmerie. Homélie de Mgr Luc Ferrycar, évêque aux armées blanches, où, d'ailleurs, tous les mots exposés n'ont pas été vendus, contrairement aux années précédentes.

 

Salomon croit correspondre au septième veau, quatre triangles noirs et bleus de l'âme qui penche vers ce qui est spirituel dans l'élévation composant tout être, dans l'esprit, le feu et l'eau. On inscrit le 7 dans l'hexagramme (sic) opposé et à compléter. Ces deux assises forment le mot - symbolisant un Être Suprême, vivificateur de tout univers articulé adaptable sur tuyau. Explication : ce qui est procède de 3. Tout acte, 1 en lui-même, comporte l'action du sujet, et son verbe. Tout truc se compose de physiciens modernes que le fruit de 3 éléments crosse dans tout l’univers des matières. De même, l'Amour compte par les 3 initiales C C C, elles-mêmes le Cerveau de ces 3 éléments grammes, un homme pouvant toujours se transformer si le triangle est toute la puissance des forces dans un but mystique - des mystères oubliés. Et alors, il n'aura plus que le triangle mystique bleuté. Marcel disait déjà comme sage "le bonheur est durable et cunicole".

Contre nature. Et c'est mauvais qu'il y ait du sentiment. Physique ou moral pas de bonheur durable possible. Sauf au biberon. Les privations, les cures de pénitence, cela est digne et vain. Les excès de plaisirs sont contraires à l'esprit, tout aussi néfastes. Mais notre existence, c'est comme cela, on persiste à retendre les cordes. C'est une faute, si l'on relâche tout, plus de musique possible. Il faut déterrer l'harmonie. (F. J. Lobsang Rampa, Abrégé dans la boue). Tout excès est nommé de Bossuet qui disait : Ce que l'on aura prodigué est ce que l'on aura épargné dans la faculté qui sera justice pour soi. De même, l'Amour avec ses trois C - la réflexion, le sentiment, le Q.

 

Je dévore tous les jours. Je fréquente aussi régulièrement l'école. Mon mécanicien est magicien.

L'automne est gai. Le brouillard sera léger. Le vent est doux. La pluie est neutre. Les Écossais portent une jupe verte, violente, brève ou longue. Les fausses factures servent à régler des vraies ordures.

DUREXMOU. La boîte de 150. Gratuit pour les Retraités et les gendarmes.

 

L'OPÉRATION VEAU LIÉ DU DÉSERT a commencé. Boum !

SPECIAL TITLES CURRENTLY OFFERED are : Bishop Lama Arch Priest Colonel Reverend Monsignor Deacon Guru Sister Press Card Missionary Imam High Right Field Priest Cardinal Friar Therapist Archbishop Spiritual Warrior Chaplain Abbé Saintly Healer Existcreatologist Peace Counselor Reverend Father Abbot Minister of Peace GEORGES BOUCHE Soul Prophet Goddess Universal Philosopher of Absolute Reality Martyr Missionary High Priestess Reverend Mother Scribe Arch Deacon Father Priest Bible Rabbi Brahman Dervish Brother LA DAME SEINS NUS.

 

LINGE PERSONNEL DE LA FIANCÉE : douze chemises de jour, six culottes, douze chemises de nuit ou trois chemises de nuit et deux pyjamas, 6 combinaisons, 12 soutiens-gorge, 2 robes de chambre, 2 douzaines de mouchoirs, 6 paires de bas d'usage courant, 12 paires de bas fins et 1 chemise américaine de laine.

 

LINGE PERSONNEL (CELUI DU FIANCÉ) : 6 pyjamas, 3 chemises blanches, 1 paire de chaussettes de soie, 6 chemises de couleur, 2 chemises blanches du soir, 6 caleçons ou slips, 2 gilets tricots de laine, 2 douzaines de mouchoirs, 6 paires de chaussettes d'usage courant et une douzaine de faux-cols.

 

 


à découvrir chez P.O.L editeur

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

omar

 

omar voit comment il est. il voit comment il peut sortir. comment voir sortir pour comment être. omar le voit. il sait qu’il lui suffit de taper. il tape en haut et ça sort. il sait que s’il tape omar finira par sortir. il finit par sortir. as-tu fini de me taper. j’ai tapé juste pour te voir. j’ai deviné qu’en tapant je pourrai savoir. omar dit qu’il sait comment savoir. c’est en tapant. et en tapant la boîte finit par s’ouvrir. la boîte s’ouvre dans le sens où l’on tape. on ne sait pas où ça tape. ça peut taper de toute part. et ça s’ouvre n’importe où. omar sait ça. il sait qu’il a la boîte qui s’ouvre dès qu’on tape. c’est pour ça qu’il se tait. pour l’instant il est resté à se taire un peu partout. il aurait pu continuer. même quand je le tape il continue de parler dit omar. omar sait de qui ça parle. ça parle d’un homme qui sait qu’omar le sait. mais il ne sait pas pourquoi. il voudrait bien savoir pourquoi ça sait. alors omar se fait taper. à force de taper omar ça fait des trous. il y a des trous qui sortent d’omar tellement ça sait. omar les comptes. il enregistre les coups en voyant tous ses trous sortir. mais omar sait se protéger des trous. il sait comment faire rentrer le bâton dans le trou. dans des gros trous omar enfonce un homme ou une bête sauvage. parfois un tronc. un gros tronc d’arbre ou d’homme. avec en plus une bête morte. ou parfois une benne plongée. un grosse benne avec de la terre noire. et dans la terre noire une tonne de cadavres. tout ça pour 1 seul trou d’omar. tant qu’omar a des trous il remplira les cadavres. ce sont des comptes d’apothicaires. compter les trous n’a jamais fait revenir personne. omar le sait. il sait qu’on ne revient pas d’un seul trou. il en faudrait plusieurs pour remplir le omar. on remplirait ça d’un coup. avant que ça nous sorte. avant qu’il nous sorte des omar de partout.

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tu fais le code tu fais le code
3ème étage à droite 3ème étage à droite
la porte n'est pas verrouillée tu la pousses la porte n'est pas verrouillée tu la pousses
tu n'as pas un mot tu n'as pas un mot
tu te mets de dos je suis de dos
je n'ai pas un mot je n'ai pas un mot
tu ne me vois pas je ne te vois pas
je noue un foulard autour de tes yeux tu noues un foulard autour de mes yeux
je t'amène tu m'amènes
je te laisse me toucher un moment tu fais ce que tu veux
je te déshabille ce que tu veux
lentement comme tu veux
et tu te laisses faire et je me laisse faire
,,,

ils s'arrêtent à quelques centimètres regard affût en pupilles la clé de la boîte à lettres pièces passées à l'antisceptique jOa à la verticale passe la nuit gobelets gobelins la casquette tape tape la main guichet marionnettes arraché la courroie du sac à la rambarde le vigile ennoue ne buvez pas trop mademoiselle contrepoids tendres avec sébastien renverser les verres renverser le lorsque ça ne porte corps contre enceintes enguirlandes embrasser florian vincent au comptoir et là il y a le moment où plus rien ne passe les numéros de téléphone aller venir sofa avec deirdre en dentelles courants d'air la langue à taxi

-

ivre je danse avec il me les paumes les poignets les torses l en l'air une fois plusieurs blanc au devant dos contre langueur il n'a plus que sens son pénis en érection les bassins collés doucement oscille il ma main dans son pantalon son emmène ma main enserrée autour de sa vers la sortie ses lèvres mon cou ses lèvres ouvre le haut poitrine froid vif omoplates capot me lèche là ou là comme et aller ailleurs et je ma bouche sur là et là
partir pour ne pas un quart d'heure partir
lendemain 19h30 deux ou trois phrases me taire de baisers lentement le souffle désir déshabille toi ouvre sur lui où est ton lit n'importe transperce là là là là làl àl àlà là làl àl àolà avale oupas comme tu veux ses soupirs rires la gorge presser la peau
je n'en peux plus
je n'en peux plus
je n'en peux +

-

_______________)jaimerais__________________répondre______________)°°°°°°°°°°°°°
je______m('_______en________dors______________(((le crâne de + en +
________________________________________________________
proche
_______________)jaimerais__________________répondre______________)°°°°°°°°°°°°°
du ciel______________________des caresses électroniques_ _ _des(
________regards plongés________en soi_________au dehors métalliques_________
entre tunnels noir mat_________amassé_____________________________hésite entre______
laure rupture & journal de l'amour d'anaïs nin______________ _ _ _ ) ) )


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(monter) /d'/ abord au lit _mourir mourir mourir (ajouter 'v envoler prise lâcher prise (brouilly) café chocolatine sirène canapé _mourir table de massage _mourir me souvenir rouler redresser os iliaque vertèbre dorsale exploration du crâne inspire déhanche à gauche _plie déhanche à droite _plie glaine scapulaire incise interstice ornement aréole béate noura sandra paulette (hyperorthosympathicotomie) atlas la cervicale première un rue de l' @ vs l'anatomie de l'écrevisse accrocher en commun accrocher corinne & stéphane & amsterdam thé vert alessia madame la marchande au bord du ciel charbon les hélicoptères dans l'estomac bagarre le tendon audessus du coude électrique pelochons rire rire expirer _pour lui talons rouge strass collants résille rouge rouge vif passé promène sous passe _à l'acte langue poste oeil en oeil rouge vif crédit dépassé toute seule petit chaperon 100mètres attention les loups avec ton ballon de + d'un mètre _vert la boîte à bancos expirer ania entre pologne autriche mon photonuméro et toute seule elle elle elle elle elle elle elle elllllllle me tu lèves le bras je suis là tu peux enlever tes chaussures lorsque tu descends l'escalier en haut il fait froid à londres les filles en tongues ta coupe de cheveux tes chaussures la façon dont tu as posé tes mains sur mes épaules que je toute seule laisse me souvenir chaperon rouge en retrait je n'ai pas un verre vibrer contre le haut parleur un peu interrupteur à quatre l'abri bus à la carte ne pas déranger pendant 48heures opposition sur carte bancaire numéro parcequ'elle est dans ma poche paris c'est mieux sans liquide pieds nus décompresser le revêtement taxi pour sos cavalier svp

 

lucille

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
 
 
mon cul est dans ma tête et ma tête est elle dans mon cul ai-je la tête dans le cul non je pense pas je pense par mon cul et je baise par ma tête oui? non c’est pas ca mon cul prend toute la place dans ma tête ya d’la place que pour mon cul de mon cul sortent mes idées car mon cul est dans ma tête dans mon cerveau il y a deux petites demi-sphères comme mes deux petites fesses de mon crâne s’echappent des pensées comme des vents on dit je pète la forme moi je pète mes idées par bouffées elles perlent elles jaillisent m’éclaboussent et retombent inertes mes pensées se font mal elles puent je retiens mes pensées comme on retient un pet pour pas qu’elles puent trop je dérange mon entourage par la mauvaise haleine de mes pensées mes idées font fuir mes voisins mes amis sont partis je sent trop mauvais de la tête et quand j’ai une idée dans le cul impossible de m’en faire démordre je mords dedans à pleine dent comme un pitt je la lache plus du coup je pue aussi de la bouche de toute facon les idées quand je les exprime elles passent par ma bouche je pollue ma bouche par mes idées elle est imprégnée d’idées puantes indélébiles débiles indélébiles débiles...
je pue de la pensée en fait c’est pas ca c’est pas ca que je voulais dire je voulais dire que ma tête est dans mon cul non que mon cul est dans ma tête oui avant de puer et tout il est là le cul dans la tête il prend une grande place toute la place du cul dans la tête parfois j’ai même peur qu’il déborde de ma tête qu’une fesse dépasse qu’elle sorte par ma bouche ou même le plus drole que la fesse comble en entier l’entrée de ma bouche j’ouvre les lèvres et hop pas de trou mais la peau lisse de la fesse plus moyen d’enfourner ma fourchette pour gaver mon moi oui une belle fesse lisse comme un oeuf dur épluché quand on a un oeuf dur épluché dans la bouche fermée et on l’ouvre et on voit le blanc de l’oeuf quand on l’ouvre la bouche la bouche laisse voir un peu d’oeuf et c’ets drôle mais c’est un peu sale dit maman mais c’est plus drôle que sale sauf quand on le garde longtemps l’oeuf pasque après on bave pasque trop de salive alors ca fait deux petites cascades aux coins des lèvres mes idées qui sécoulent en eaux liquides fluides pour une fois mes pensées coulent un flot de pensée mais pas de parole pasque je peux pas parler pasque j’ai loeuf dur épluché dans la bouche et si je parle je mache mes mots mes pensées et l’oeuf et comme il est pas vraiment dur seulement mollet il est si je mache il coule par les deux coins ca fait deux petites cascades etg mes pensées qui coulent amors sont jaunes et alors maintenant c’est vraiment sale dit maman mais c’est beau le blanc le jaune et le rouge de moi de mon cul dans ma tête

 bio chez www.inventaire- invention.com

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

AU COIN DES RUES

 

     Main gantée, le flingue dans la poche de cuir, gueule de blanc-bec pig aux coins des rues qui suent les rires écarlates, le flic dégaine ses pognes dressées sur le sexe de ceusses insolents qui crachent maréchaussée et débordent vase pas finaud pour deux sous du képi mongol.

 

 

BAR

 

              Large comptoir inox sur bord de mots tabagiques où s’entassent verres qui versent et mouillent.
                  Des gorges s’haleinent et sirotent leurs papiers ventouses matinales.
                  Un juke braille, une sono baille et toute musique défaille.
                  Mec jacket, toujours à la même place, le midi anisette, le soir petit ballon, qui fume tige, sèche, clope dont les volutes s’enfilent la belle en pâmoison.
                  Vache de rogaton un maximum miam-miam.

 

 

CABARET

 

      Les grelots couchés sur le ventre de la miss effarouchée. Une ornière fine à la jointure des jambes tuyau de poêle lesquelles s’allongent, serpentins de néon pénétrant gorge rieuse et baillante.
                   Menton collé sur buste dont la poitrine rebondit sous les vagues de l’éventail du môme dandy.
                    Toutes les bluebell’s, cannes en l’air prolongées de talons aiguilles qui s’plantent dans outres nababs aux mains disparaissant sous jupes volatiles.
                    Et sur les tables se promènent les drinks et les fizzs d’où s’envolent les fumées rotary et mentholées.
                     Un micheton cigarillo se poloche le boudin coincé trouduc, un autre balèze s’affale sur fauteuil chefaillon. Tous, bivetons dans pognes pour baudruches fardées qui s’la ramènent et s’la donnent généreuses.

 

bio chez ouste 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

FESTOYATIGUEST

 

A l’heure des gammes polies

UT EN BASE DU TOP HAUT

Docile m’accoutre au 7ème

Sempiternel dominical résonne avide

DEUX GIGOTS DEUX, EMMAILLOTES D’AMOUR

M’attendent.

RETARD SYSTEME A TYPES QUI POUR DIRE LE DEDANS FARCI

S’EN MELENT.

DE L’ENTRE MOT QUI DEFILE FAUFILLENT LES GAVAGES

DE SOURIRES EN LIESSE. FOU L’ASSOUPLIT!

Des bulbes que tu as planté l’an dernier seulement deux ont fleuri,

et une fois.

ARNAQUE COMMERCIALE, MAUVAISES CONDITIONS CLIMATIQUES.

PERSONNE AU VILLAGE N’A PU REPONDRE A CETTE QUESTION...

POLLUTION, MAL VERSATILE, DECONNEXION...

La doyenne à parlé: «qui se ressemble s’assemble»

donc le reste non...

Lui aussi de son opinion

«MOI ROBERT 71ANS DECLARE AVOIR LES ORGANES CONCASSÉS

DE STUPIDES BESTIOLES»

J’l’ai eu la salope, t’as vu ça elle bouge encore-

Le petit «FAIS VOIR FAIS VOIR FAIS MONTRER LA...»

REGNER ECRASER...

«J’AI FAIS DE LA PURÉE AVEC LES GIGOTS SANS OUBLIER

QUE TU AIMES TANT AUX LAURIERS.»

Je pense à toi tu tant mes yeux je te regarde

mon oisillon tu m’ébranles si tu malheur.

«Oh, papi il en a encore nikée une mamie...elle était piquante t’as vu, t’as pas vu»

«ON DIT PAS NIKÉE.»

 /sur remue.net \

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Quand elle s’ouvre

 

Christian Prigent

(extrait d'un ensemble de poèmes érotiques en cours)

 

 

Elle : l’aile ou l’erre

des matières érotifères

c’est tatoué dans l’air

ses quatre fers

les pieds et les mains aux nues

en socle : le cul

 

voici le cube

d’espace où s’amasse

moi clos la face

dans son tube d’émoi

 

congé à l’angoisse !

 

— puis c’est la fonte

(haleine ! haleine !)

le sacre

d’écartelé âcre

qui monte

(fontaine ! fontaine !)

 

 

 2

 

enculer comprend C

L

E

R

:

éclair !

 

le U :

le creux nu

le N :

pli de l’aine

 

hurle amer,

fond d’enfer,

et que ça se perde

l’autour l’ailleurs

les nerfs et le cœur

dans l’ouvert

l’oubli

la chair liquidée

 

puis pleus

en sud ouest est nord

dedans et dehors

sans bord,

ciel déplié qu’ose

zébrer la foudre rose

 

 

 3

 

courte, toute

robe comme

aube

se dérobe

 

mais se levant lève

en moi le rêve

que s’abaissent

sur mes doigts les fesses

et que fronce

où ça s’enfonce

la gorge

(la forge

des eaux

et des sanglots)

 

 

4

 

cordes scient le con

cuisses sont vissées dans l’écart total

 

elle plie

elle est dans l’oubli

de toutes choses dehors

elle vit

 

(oui

elle dit oui)

 

dans son absolument vibrant plié sur son dedans

 

sans moi toute à soi

captive de soi rentrée

concentrée

dans sa chair d’émoi

 

déliée d’être liée

 

 

5

 

sceau d’homme et sa cire

sur peau de rondece

lèche

le goût du pire

 

et que troue sa force

l’écorce

des Sublimes Portes

l’aorte

par où toute chair

coule en elle-même

 

et cloue

tout

(vous moi le monde le temps la joie le dégoût

la beauté le trou

de l’obscénité

la délicatesse)

à la détresse

ou la volupté

de n’être que ça :

 

tas

vissé d’un écrou d’émoi

 

 

6

 

Le Maître des Cordes ou Tonton Ficelle

(cagoule & bretelles)

il vise les pointes

des seins sous l’étreinte

des cordes

 

l’envie vient d’y mordre

(il dit)

 

elle rit

 

ou si c’est la plaie

du con que ça scie

elle crie

 

rire et cri c’est oui

 

puis comme un parfum

ou le coloris des fresques dans l’air

s’effacent des reins

le feu tatoué le violet des liens

peu à peu :

 

fin du jeu

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Christophe Manon

L’Idieu

xième cercle (détails)

 

Hier soir je me suis endormi sans mettre : mon visage. Ce matin j’ai oublié / ce matin de : mourir puis d’un coup de marteau j’ai butté : Dieu. Je l’ai butté : Dieu et j’ai vissé mon œil : au ciel. J’ai libéré : la force incluse dans : les mots. J’ai donné souffle au : sens. Mon auguste Pensée comme : la girouette je l’ai tournée vers : l’Est. Je me suis déguisé jusqu’aux : poumons / aux poumons / déguisé jusqu’aux : poumons et j’ai bercé : mon ventre avec : mon sang. Maintenant je me réfugie sous : mes os / sous : mes os / je me réfugie sous : mes os et je tire mon corps à : quatre épingles. Maintenant je me sens comme : un hamster dans : sa roue : c’est vers la salade et les radis que se dirigent : mes pensées. L’univers est plongé dans : une profonde catalepsie. Les nuages ont englouti : le ciel. L’espace ralentit. Le vent se tait. Barbe contre : barbe les sapins se ruent sur : les rivières. Un oiseau commence à : grogner à cause : des étoiles qu’il a vu en : rêve. Les squelettes des arbres noirs jettent : leurs cheveux noirs sur : leurs os blanchis par : la pluie. La tache rouge de la lune danse : un tango langoureux au-dessus : de la ville tandis que : les grenouilles croassent : <brekekeks kroa kroa kroax brekekeks> croassent les grenouilles dans : le lointain et que les plantes somnolent parmi : les champs. Le monde a l’odeur du sang séché dans : les rigoles du siècle. De jours en jour faiblit : le souffle de la vie. La frêle chronologie de notre ère touche à : son terme et le nouveau millénaire à déjà l’air : d’un vieillard fatigué / fatigué / d’un vieillard : fatigué. Encore un peu et le plomb finira c’est ainsi finira par : écraser nos crânes entre : ses dents féroces. Le jour fait rage comme : le jour fait rage. Le Terre entière mugit sous : le soleil. Elle se gonfle de : toutes ses herbes / de ses forêts / de ses plaines / de ses tremblements / de ses déserts / de ses continents / de ses montagnes / de ses aurores boréales elle se gonfle la Terre. La chaleur s’échappe : du sable et la mer s’immobilise dans : la tiédeur du jour. Des monticules de : crânes humains s’étendent dans : le lointain. Les peupliers chuchotent à mes oreilles : les événements du temps. Je pose alors : mes lèvres sur : le front martyrisé du siècle et soulève : la douloureuse paupière du monde. Je le prends le monde / le prends comme : une simple orange et je déchire : l’air d’un geste : brutal et volontaire d’un geste d’un je déchire : l’air et le jette dans : les espaces infinis. Je romps : la gangue de la nuit pour en extraire : son fruit et mes doigts pétrissent : l’asphalte et le bitume des mégapoles et des cités. Je prends : la lune dans : ma main et la brise comme : une vieille noix puis je comprime : les pôles de la Terre entre : mes genoux pour : la faire éclater. L’univers entre en : vibration et se met : à trembler / à trembler / il se met : à trembler l’univers tandis que : le soleil d’hier gît sur : de noirs brancards et s’obscurcit et devient : un sac noir / un sac noir / il devient : un sac noir l’univers et la lune devient comme : du sang et les étoile du ciel tombent sur : la Terre ainsi : des fruits trop murs et fondent dans : les océans comme : des grains de sel et le ciel s’efface et les mers entre en : ébullition et des boules de feu jaunes / rouges / vertes / rouges / rouges / rouges explosent en : un brasier de pulsations géantes et toutes : les montagnes et toutes : les îles sont déplacées de : leur lieu et un feu mêlé de sang tombe sur : la Terre et le tiers de la Terre brûle et brûlent aussi : toutes les herbes vertes / hommes déviandés / petites bêtes ras du sol soir et matin c’est fait.

Terre vide :

nuit cellulaire :

solitude :

noir au-dessus

des : fonds

      sans : fin

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Jean Lebon vit au premier étage du premier immeuble après le premier feu sur la première rue. À la sortie du périphérique. Il dort sept heures par nuit. Mais n’a ni femme ni enfant ni chien ni chat ni ami ni téléphone portable ni accès à l’Internet haut débit. De là à dire. Qu’il en mourrait. S’il apprenait que Franck Selberg. Franck Selberg vit au dernier étage du dernier immeuble après le dernier feu sur la dernière rue. Très loin du périphérique. Ses nuits sont trop longues. Sa femme l’a quitté. En lui laissant trois enfants, un chien, deux téléphones portables, une voiture familiale. De là à dire. Qu’il en mourrait si. Anne et Jeanne faisaient. Trop de bruit. Au troisième étage de l’unique immeuble de la première impasse à gauche. Dans la septième rue. Après le deuxième feu sans emprunter le périphérique. En quittant le périphérique, la septième rue. Est elle-même une impasse. Où vivent Farid et Nabila el Bekri. Au rez-de-chaussée de l’immeuble. Au fond. Dont ils sont. Les gardiens. Farid sort fumer ponctuellement ainsi. Il arrive qu’on le croise même sans savoir. De là à dire qu’ils en mourraient. S’ils entendaient. Claquer les volets de Gervaise Chaussois. Au deuxième étage de l’immeuble. Dont l’entrée se trouve. À gauche en entrant. Gervaise Chaussois n’a qu’une main. La. Pauvre. Femme. Qui ne lui permet pas d’ouvrir ses volets en. Silence. Nicole Vergignieux. Sandrine Pelletier. Yves Desrasles. Locataires du premier immeuble après le premier feu sur la première rue. À la sortie du périphérique. Sont morts. Asphyxiés dans leur sommeil. Puis dépecés. Puis jetés. Dans la Saône. De là à dire que Jean Lebon soit. Coupable. S’ils savaient que l’homme. A quitté Montbrison. Dans des conditions. Franck Selberg rencontre Anne et Jeanne au comité de soutien. Aux habitants de l’impasse de la septième rue. En quittant le périphérique. Bien qu’ils n’y résident pas. Par compassion pour Gervaise Chaussois. Mutilée par les Allemands dans. Un coin sombre de. La montée des Carmélites. Farid sort fumer ponctuellement. On peut ainsi le croiser sans même savoir. Nabila. Découpe des formes. Dans un vieux. Rideau. N’écoute. N’entend pas. Les voix de Farid. Franck Selberg. Anne et Jeanne. Qui se saluent sans même savoir. De Montbrison. Sur la commode. Dans la chambre. À coucher. De Gervaise Chaussois. Trône. Un cadre. Une photographie de Jean Chaussois. Dit. Le Charcutier. Trente ans requis. Dix-huit ans effectués. Remise en liberté surveillée jusqu’en. 1975. Date à laquelle Jean Lebon, employé à la retraite de la commune de Sartrouville. 73 ans. Emménage au premier étage du premier immeuble après le feu sur la première rue. À la sortie du périphérique. Non loin de sa mère. Gervaise Chaussois, mutilée en 1944. Par les Allemands. Dans un coin sombre de. La montée des Carmélites. À Lyon. Visitée une fois par semaine. Par le comité de soutien. Aux habitants de l’impasse de la septième rue. En quittant le périphérique. Théâtre. Hier soir. D’un carnage où. Farid el Bekri. Franck Selberg. Anne Thomasset. Jeanne Villemain. Ont trouvé la mort. Sous le couperet de. Jean Chaussois. Dit Lebon. Dit le Charcutier. Tueur en série récidiviste. Le coupable a passé. La nuit en cavale. Avant. D’être surpris par une patrouille. À Rillieux. Étonnée. De voir claudiquer. Un vieil homme. Écrasé. Sous des sacs de toile. « Sanguinolents ». Avant. D’être identifié par Nabila el Bekri. Femme d’une des. Victimes. Et Gervaise Chaussois. Sa mère. Énuclée par l’assassin pour. Dit-il. Ne pas avoir à lui trancher. L’autre main.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

trouverunmoyen d’ouvrircetteporte - c’est marcelquilorgne le judas judasmarcel regarde coincés onestcoincés - et miloudortlà pieddelaporte -au pied de la porte émilie s’est endormie - déjeuner avecangeàduroc -sameditôt rentré verstroisheures – ET JE TROUVE MILOU QUI DORT SANS CLÉ ET PAS DE CLÉ DANS MA POCHE
>jeanphilippe du cinquième a sa formation de serrurier depuis trois ans mais n’a jamais pratiqué (pas grave) jeanphilippe tu peux m’aider stp ON PEUT UTILISER J’AI VU UTILISER UNE RADIOGRAPHIE GENRE PAPIER PLASTIQUE FIN ET RIGIDE QUI JOUE SUR LE LOQUET TANT QUE LE VERROU N’EST PAS MIS
>ça me rappelle lR5 sur le parking à cointrin avec andrew et ses bonbons fourrés avant l’avion pour stansted coincés dehors avec un flic ON VA PRENDRE DU CABLE GROS CALIBRE TORDU EN CROCHET AU BOUT COUDÉ POUR ATTEINDRE LE LOQUET
>jeanphilippe reste pas là à me regarder tu dois avoir d’autres trucs à faire je vais me débrouiller milou heureusement que t’es là marceljudas lorgne marcel a des outils genre spatule petite spatule de maçon à enduis bouche trous pour forcer la porte L’ENCADREMENT EST USÉ ON VOIT LE JOUR LE LOQUET POUR QUE ÇA PASSE IL FAUT RENTRER JOUER HABILE AVEC LE LOQUET SANS TROP RÂPER LE BOIS
>marcel marvel comic de 1921 armé de spatules en pyjama fait plaisir à donner des conseils alors ça marche mieux qu’avec jeanphilippe qui est serrurier gratuit sans idées QUATRE ESSAIS ET C’EST BON LA PORTE S’OUVRE
>le parking du bijou à ferney avec la corsa maman et les gitans aux roses qui arrive moins bien que moi MAIS JE NE SUIS PAS SERRURIER

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
je suis rien mais il y a l'énergie c'est bien je suis
rien mais j’ai l’énergie et c’est bien j’ai l’énergie
du rien je ne suis que la montée en moi de l’énergie
du rien merci je dis merci j’ai  l’énergie 
 
et je peux planter mes doigts dans la terre c'est que
l'énergie donne l'envie et j’ai de l’envie pour
creuser des petits tunnels dans la terre où je peux
plonger mes doigts et plonger mon zob merci je dis
merci et je peux aussi planter mon zob dans la terre
car j’ai l’énergie pour le faire je ne suis que
d'l’énergie et à part l’énergie je ne suis rien j’ai
remarqué que quand je fais rien je suis rien et c’est
bien je suis rien d'autre que l'énergie et j’ai
remarqué que c’est bien que le rien est bien j'ai
remarqué 
 
je pense que c’est bien de rien faire car je crois que
c’est bien de n’être rien et c'est mon cas je ne suis
que des doigts et c'est bien et je ne suis q'un zob et
je ne suis qu'une langue c'est bien je ne suis que des
doigts et qu’un zob et qu’une langue et je peux
planter mes doigts et mon zob et ma langue je peux les
planter dans la terre car j’ai l’énergie de planter ma
langue et mon zob et mes doigts dans la terre j’ai
remarqué ça 
 
j'ai remarqué que c’est la parole qui me dit de faire
des choses la parole me dit de plonger mes mains et de
cacher mes doigts dans la terre mais souvent chez moi
il n’y a pas de terre alors la parole me dit de
plonger mes mains et mes doigts dans la purée de pomme
de terre de arno la parole me dit de jouer avec les
trous de purée de pomme de terre et de planter mon zob
aussi dans un trou de purée de pomme de terre j’ai
remarqué ça 
 
j'ai remarqué qu’il y a quelqu’un caché dans la parole
et il me dit de faire des choses de faire des choses
de mon zob et de faire des choses de mes mains et de
ma langue j’ai remarqué ça et souvent j'ai entendu la
parole me dire de disparaître dans la purée ou de
disparaître dans la terre du potager oui souvent la
parole me dit de faire des choses comme ça et la
parole me dit qu'avec des carottes aussi on peut faire
de la purée me dit la parole de la purée de carotte
alors je peux disparaître dans la terre du potager
aussi bien que dans de la purée de carotte aussi bien
que dans une grande masse de yaourt me dit la parole
si arno achète un grande quantité de yahourt je peux
disparaitre dedans ou de confiture ça marchera aussi
bien avec de la confiture je me dis j'ai remarqué que
je me le dis
 
car la parole est une confiture qui remplit ma tête et
je n’entends plus qu’elle n'entends plus que cette
masse sourde de confiture en expansion dans ma tête et
un jour je me dis qu’un jour il faudra bien que je
mette les doigts dans ma tête pour touiller oui il
faudra bien que je mette mon zob dans ma tête pour
touiller un peu mes phrases et diluer la prose il
faudra bien
 
mais déjà je me rend compte que je suis en train de
diluer la prose maintenant en parlant oui sans les
mains et sans le zob j’assiste en direct au repas de
la parole oui j’assiste de l’intérieur à la
fabrication de la confiture de mots qui me dilue qui
me déborde elle me déborde des oreilles elle me
déborde de la bouche et j’en ai plein les doigts et
elle me déborde des doigts et j’en est plein le zob et
alors je fais ça alors je pompe mon zob pour
découiller mon parler pour découiller mon parler
confituré mais c’est lui qui me dilue et mon moi
fluidifié lui il dilue la prose et je bave ma parole
et je disparais dedans et plus personne peut me voir
mais seulement m’entendre on entend des bulles de
bouillie de confiture éclater dans l’air et partir
dans le ciel et on comprend très bien ce que je veux
dire tout en voyant très bien de quoi je suis fait 
 
je suis fait d'une matière dans laquelle je disparais
 
 
 

arno calleja

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Je n’ai pas d’idée, je n’ai pas idée de ce qu’il faudrait faire pour avoir des projets, je ne projette pas, je n’ai pas idée de ce que ça va donner, je n’ai pas les diplômes requis, je ne possède pas l’expérience exigée, je ne possède pas le véhicule exigé, je ne possède pas le certificat d’aptitude, je n’ai pas l’habitude, je n’ai pas les revenus nécessaires, je ne suis pas dans la misère, je n’ai pas passé le concours, je n’ai pas été admissible au concours, je n’ai pas les documents demandés, je ne peux pas ouvrir des droits, je n’ai pas l’allocation pour y prétendre, il me manque la photocopie certifiée conforme, il me manque une case, je ne reçois pas l’avis de situation mensuel, je n’ai pas d’avis sur la question, je ne perçois pas d’indemnité, je ne suis pas conforme à la situation, je n’ai rien à déclarer, je n’ai pas le profil pour le poste, je n’ai pas de situation, je n’ai pas de solution, je ne maîtrise pas ce logiciel, je n’ai pas la clef du succès, je n’ai pas accès a ce service, je n’ai pas de code secret, j’ai perdu mon numéro identifiant, je n’ai plus accès à mon fichier, je n’ai plus de protection sociale, j’ai perdu le dossier, je n’ai pas les photos d’identité, je n’ai pas les moyens, je manque d’énergie, mes ressources sont en baisse, je ne saisis plus les données, je ne saisis plus rien, je n’ai pas connaissance du dossier,  j’ai perdu mon code confidentiel, j’ai perdu confiance, je n’ai pas toute ma tête, je n’ai plus de crédit, je perd ma crédibilité, je ne suis pas solvable, je n’ai pas la solution, je n’ai pas de possibilité de transfert, je ne peux pas déplacer le problème…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

ENCOMBRANTS

 

Y’a plus qu’a faire un tas immonde sur le trottoir, un tas d’immondices, et peut-être que ça sent la pisse de chat ou la pisse d’homme avec les auréoles comme on sait sur le vieux matelas et  un tas tout autour

 

pendant que papa fait 800 photos de vacances à cause du Petit, de ces premières vacances et trois films dans le week-end aussi, trois fois 240 minutes, ça en fera des images du Petit, y’a pas à s’inquiéter pour l’avenir, c’est du pérenne ; le tas par contre c’est du temporaire, c’est juste un tas d’immondices sur le trottoir devant la maison de papa et maman, c’est un tas encombrant  prêt à embarquer, c’est aujourd’hui qu’ils passent et c’est toutes les choses immondes d’avant le petit, d’avant qu’il arrive, d’avant qu’il soit conçu, et même certaines choses d’avant que papa et maman ne se connaissent, alors vraiment des vieilles choses, de ces années sans vacances, sans Petit, sans appareil photo numérique, les 800 photos c’est beau mais c’était l’époque de l’argentique alors ça fait gros mais c’était bien quand même.

A cette époque papa et maman étaient étudiants, ils fouillaient les tas immondes de choses sur les trottoirs les jours des encombrants, des fois que, pour meubler un peu la chambre d’étudiant, et on est fier de trouver des affaires, et on est fier de trouver des trésors dans la rue à cet âge là, lorsque l’on est étudiant et qu’on prépare son avenir, comme papa et maman qui ont fait des études pour préparer leur avenir et préparer l’arrivée de leur trésor, leur trésor c’est le Petit, c’est les premières vacances du Petit, alors des photos papa et maman en font beaucoup car le Petit est très photogénique, c’est ce qu’ils diront après aux voisins et à la famille, on a fait 800 photos car le Petit est très photogénique, c’est comme son père, papa est très photogénique, c’est dans les gènes, son père à papa était comme ça aussi et plaisait beaucoup aux femmes, comme papa, il plait beaucoup aux femmes, maman le sait bien, elle en rit, les autres femmes le trouve séduisant, maman elle en rit car elle est décontracte, et papa aime maman, il l’aime fort et avec son amour il lui a fait un bébé, c’est le Petit, c’est leur trésor, ils ont arrangé sa chambre, aussi c’est la première chambre de la vie du Petit, elle est bien isolée du froid et bien décorée, il faudra juste faire attention au chat, avait dit papa qui connaît les chats, on sait que ça aime les bébés les chats, aussi il faut bien faire attention à cet amour là.

Ils sont allés chercher le petit chat le jour des encombrants, c’est le deuxième mardi du mois, ce jour-là ils peuvent faire un sale tas sur le  trottoir, ce jour-là c’est autorisé les saloperies des gens, les immondices de tailles importantes ; mais ce jour là ils n’ont rien jeté, ils sont allés chez une amie chercher le petit chat, maman a installé la litière du petit chat, papa a installé le berceau dans la chambre du Petit qui n’était pas encore né. Un autre jour, le mois suivant, c’est aussi le jour des encombrants, il y a plein de choses à jeter sur les trottoirs, des choses bien et des saloperies des voisins, les étudiants et les gens pauvres fouillent et récupèrent des vieilles chaises et des tables avec un pied cassé, ce jour-là maman a des contractions, ce jour-là les voisins jettent des vieux meubles et papa jette le petit chat qui a eu peur des contractions de mamans et qui a griffé son ventre, ce chat est agressif a dit papa, on ne peut pas prendre le risque de le garder, alors il l’a jeté dans les égouts et ce jour-là maman a accouché en éjectant de son ventre griffé le Petit qui allait bientôt connaître sa première chambre ainsi qu’un petit chat (un autre) L’amie de maman insiste pour qu’ils prennent un autre chat, doux comme un agneau mais qui miaule, ils ne lui ont pas dit que papa avait jeté le premier dans les égouts, ils ont raconté qu’ils l’avaient donné à la SPA, papa ne veut pas raconter comment il a tué le petit chat, il ne dit pas qu’il l’a saisit par la queue et frappé contre la plaque d’égout en fonte, sa petite tête contre la plaque ça a fait un bruit puis jeté dans le trou, sûrement qu’il s’est noyé, maman le même jour elle a vu la tête du Petit qui sortait de son ventre avec beaucoup de douleur pour elle, et des cris.
Plus tard ils devront faire attention au chat (l’autre), attention au bébé dans son petit lit, il faudra surveiller le chat, aussi, son attitude et ses mouvements, son amour de chat pour les bébés, le deuxième chat ils l’ont appelé Pili, le Petit, lui, porte le prénom de son grand-père qui plaisait aux femmes comme papa et qui était très photogénique, c’est-à-dire Pierre, mais on dira le Petit, car papa et maman disent souvent comme ça, c’est que le Petit n’est pas très grand pour son âge, ce n’était pourtant pas un prématuré. Un autre jour, deux ou trois mois plus tard, un mardi, le chat qui est très joueur a déchiré le ventre d’un petit lapin en peluche avec ses griffes, dedans il y avait des petites boules de polystyrène et le Petit en a enfoncé dans sa bouche, sans se rendre compte qu’en faisant cela il pouvait rester petit à tout jamais dans la mémoire de tous ceux qui l’aiment et même du chat ; maman est arrivée alors que le Petit s’étouffait, papa a pesté contre ses fabricants de jouets qui ne respectent pas les normes de sécurité, maman a beaucoup crié, le Petit a mangé du polystyrène pour la première fois de sa vie, papa a porté plainte contre le fabricant de jouets, le chat s’en est bien sorti. Maman a pensé ensuite que le Petit se souviendrait toute sa vie de cet incident, même de manière inconsciente a dit maman a papa, et elle était très inquiète et très sérieuse en disant cela ; depuis elle dort mal, elle prend du temps pour expliquer au petit que personne dans cette maison n’a voulu le tuer ou lui faire du mal, surtout pas ses parents, elle lui dit que ni elle, ni papa n’ont voulu l’étouffer, que c’était un accident domestique ; elle a trouvé un petit fascicule illustré à la mairie, et elle a montré les images des accidents domestiques au Petit en expliquant tout, elle prend des somnifères maintenant, papa lui dit qu’elle pense trop aux dangers dans la maison, aux accidents domestiques, qu’elle en fait trop, lui ça l’inquiète qu’elle s’inquiète comme ça et qu’elle sache par cœur le nombre d’enfants morts par accidents domestiques chaque année dans chaque pays, alors il n’y a plus de peluches dans la chambre, ni de coussins avec de la mousse dedans, et même avec les normes de sécurité un jour quand le chat sera très vieux avec une maladie de la peau le Petit essaiera de se pendre et ça fera pester papa qui sera aussi très vieux.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La terreur règne. Elle règne insidieusement et sournoisement ; elle étend son emprise sur nous qui faisons semblant de nous croire – sans nous penser – impunément libres. Quant à son empire, rien de définitif car nous le combattrons singulièrement jusqu’à ce qu’il s’effondre. Autant dire que nous ne sommes pas libres. Que nous ne sommes pas encore libres. Autant dire que nous ne le serons pas tant que nous continuerons à poser la finitude en premier lorsque c’est l’infini et l’éternité qu’il nous faut aujourd’hui affirmer pour nous ravir à notre état évanescent. Non, nous ne sommes pas libres. Nous ne sommes pas libres mais bel et bien vivants, par là immortels, ce qui suffit à nous entraîner aux points d’où nous dessinons des espaces, de nouveaux volumes, de nouveaux contours à la liberté que nous voulons pour demain, très bientôt. Nous ne sommes pas libres. Nous avons même l’impression de voir notre idée de la liberté régresser, être malmenée, raillée par une morale qui ne dit pas son nom, celle de l’éparpillement – outre la division – mortel. Mais, heureusement, nous sommes passionnés. Heureusement, deux cœurs battant à l’unisson suffisent pour réinvestir la parole affirmative. Heureusement, nous croisons des regards qui, l’espace d’un instant, fusent par-deçà l’horizon. Heureusement, quelques nuages sur un fond de ciel gris ou bleu suffisent à nous inciter à nous penser autrement que les pieds sur terre. Heureusement… certes et mieux encore sauf que nous ne sommes pas libres et que nous ne serons pas libres tant que certains d’entre nous craindront à raison pour leur vie. Vraiment, nous ne serons pas libres tant que certains d’entre nous seront persécutés. Nous ne serons pas libres tant que nous les persécuterons sciemment tout en assurant du contraire. Là se situe précisément le nœud de notre servitude volontaire. Nous ne serons pas libres tant que la morale empêchera l’avènement du règne de la pensée. Nous ne serons pas libres tant que nous ne cesserons pas de participer à ce qui se passe, se fait ou se pratique parce que cela se passe, se fait ou se pratique. Nous ne serons pas libres tant que nous n’aurons pas l’impression de venir de naître. Nous ne serons pas libres tant que nous persisterons à nous complaire dans une période noire, la nôtre, ultra descriptible et insupportable. Nous ne serons pas libres tant que le monde nous imposera ses contagions et ses misères. Nous ne serons pas libres tant que nous n’aurons pas ensemble participé à l’émergence d’un monde nouveau, d’un monde qui se considère comme une constellation. Nous ne serons pas libres tant que nous organiserons et entretiendrons la déception, le désespoir, le dépit, la suspicion, le misérabilisme et le défaitisme. Nous ne serons pas libres tant que nous ferons semblant de vivre et de respirer. Nous ne serons pas libres tant que nous n’assumerons pas frontalement notre condition d’êtres magnifiques et cruels à la fois, tant que nous nierons les conséquences de nos actes et nous réfugierons derrière le paravent des conditions sociales et de nos histoires personnelles. Nous ne serons pas libres tant que nous reporterons la responsabilité de nos actes rapportés à notre savoir-faire sur n’importe quoi ou qui d’autre que nous. Nous ne serons pas libres et demeurerons lassés tant que nous ne conduirons pas nos pensées affamées jusqu’à leur vertige : d’autres pensées, sauts dans l’inconnu, futur préfiguré. Nous ne serons pas libres tant que nous nous contenterons de l’apparence d’être ce que nous sommes. Nous ne serons pas libres tant qu’une piètre idée du bonheur, mélange d’invocations à la solidarité et de coups fourrés dans l’intimité des situations, primera sur les vérités, les beautés et les passions dont nous sommes les sujets, les humbles sujets mais les sujets tout de même plutôt que les objets. Nous avons peut-être plus que jamais la possibilité d’être les sujets de vérités, de beautés et de passions, que nous faisons ainsi nôtres. Nous ne serons pas libres tant que nous ne nous compterons pas les uns les autres, chacun pour ce que nous sommes, chacun pour un, chaque deux pour un trois et chaque infini pour la plus sublime et effective des banalités. Nous ne serons pas libres tant que nous ne déposerons pas à nos pieds des différences que nous ne percevons même pas mais que nous voulons établir coûte que coûte, trop satisfaits d’établir la liste exhaustive des particularités qu’il semble de bon ton de recenser. Nous ne serons pas libres tant que nous n’aurons pas aboli ces particularités au profit des singularités. Nous ne serons pas libres tant que nous n’aurons pas abrogé l’esprit, les désirs et la loi du pronom impersonnel « on » constitutifs du dégoût généralisé et de la morosité ambiante. Voilà. Voilà pourquoi nous nous retrouvons au pied du mur des faits, des immondes faits accumulés qui obstruent notre champ de vision. Alors, il est grand temps de nous défaire de nos réflexes de poules mouillées, de sortir de chez nous, de nous redonner des moyens de nous faire confiance et de dépasser nos seuls intérêts. Il est grand temps de respirer à pleins poumons et de dormir pareillement. Que chacun de nos sommeils soit une petite mort ! C’est-à-dire que nous ne séparons pratiquement jamais complètement ni les intérêts des uns de ceux des autres ni les intérêts d’aujourd’hui de ceux de demain ; nous les rassemblons pour persister sur le chemin parfois semé d’embûches que nous avons décidé de suivre sinon nous serions des partisans soit de la spontanéité soit de la non-intervention. Or, tel n’est pas le cas. Nous mettons plutôt un terme à la débandade généralisée. Spontanés, nous n’agirions jamais qu’en fonction des seules attirances. Et, tel n’est pas non plus le cas. Pourquoi ? Parce que même si nous ne mangeons pas tout, nous faisons preuve, d’une part, d’un bel appétit et, d’autre part, le fait même de savoir que nous ne mangeons pas de tout étend les bornes de nos choix à des perspectives prodigieuses et ébranlantes. Nous choisissons, sans déclamer contre restes et détritus ; d’autant que nous ne présentons pas le talent pour tout apprécier. Nous savons que les restes et détritus plairont à d’autres, peut-être nous-mêmes en d’autres circonstances ou sous d’autres latitudes. Précisons. Précisons que nous nous tenons en franche opposition avec le triptyque infernal sincérité-sponaténité-attirance. Si nous devions par exemple nous fier – sans nous en rendre compte, cela va de soi – à des types récurrents de physiques nous ne ferions jamais véritablement rien, sinon vouloir le rien, nous ne contribuerions jamais à changer quoi que ce soit, ce qui est d’ailleurs souvent le cas… Nous ne sommes pas de l’humanité qui se contente de l’état de la situation parce qu’elle est absurde et nous rend, si nous n’y prenons garde et nous y opposons effectivement, soit intelligemment, fous. Nous ne nous laissons pas plomber ou tirer comme des lapins sans choisir notre destinée, celle d’une humanité en rupture avec l’humanisme bon teint. En chaque occasion propice, nous constatons avec quelle facilité, avec quelle justesse et avec quel bonheur l’humanité s’approprie des règles organisant la vie en société quand il n’y a ni exploitation souterraine des uns par les autres, ni inégalité montée en épingle, quand il n’y a rien qui excite ou suscite légitimement l’indignation, la révolte, la haine, rien qui n’organise a priori la répression, la peur ou les passions sécuritaires, tout cela se structurant implacablement aujourd’hui sans doute parce qu’il serait supposé exister à la base quelque chose plutôt que rien. Que d’illusions continuons-nous de monter en épingle… Nous négligeons trop souvent le bon diable du vide qui nous permet pourtant de nous repérer, de nous structurer quoi qu’il en soit du chaos que nous pouvons toujours invoquer en dernière instance, de quelque bord que nous soyons. Le vide est le seul partenaire saillant à l’ensemble de nos tailles ; c’est à partir de lui que nous nous organisons. S’il nous arrive, s’il nous choit ou s’il nous chante de le laisser parfois courir loin devant nous, nous nous retrouvons alors dans tous nos états. C’est beau ou laid, joyeux ou triste, compréhensible ou incompréhensible à voir, à vivre et cela est aussi important que nous. Nous avons dans l’idée de changer le monde et de découvrir d’autres planètes ! Telle est notre mission : changer le monde et découvrir d’autres mondes. Changer le monde signifie simplement l’orienter car il change déjà en permanence ; nous-mêmes changeons en permanence. Nous le savons bien, chacun de nous aux quatre coins du monde, chacun de nous tels que nous sommes. Alors, à nous de construire les conditions de notre émancipation… Prenons nos vies en main, considérons-nous les uns les autres sans mièvrerie et nos longs désirs sans support ni visée propre, sans débouché ni destinée, bref nos désirs les plus amples, les plus terribles seront revigorés, déplacés par le chevauchement de leur propre manque, conjonction déterminante avec les lois qui les motivent. Nos désirs et leurs effets ne sont décidément pas courus d’avance… Et puis déposons sereinement nos atermoiements et nos différences. Ainsi nous quitterons nos états récurrents de fébrilité et taillerons des croupières à nos égarements. Que l’époque et que nos générations soient captives de l’égarement généralisé et morbide nous confirme seulement dans nos intentions. Voilà comment nous devenons plus forts ; voilà que nous devenons plus forts. Plus forts pour de bon et… au diable la santé… Car nous travaillons d’arrache-pied. Nous déclarons que les dieux n’existent pas, que la moralité est un préjugé sans fondement et que la société ne doit rien à la nature. Nous le déclarons, contournant les valses hésitations au profit de nos consciences à la fois individuelles et collectives, et le répétons à nouveau car nous aurons toujours pour ambition de tout dire contre les partis de l’illusion introspective ou de l’illusion encyclopédique. Nous dirons tout, nous sucerons et scanderons tout, à peine tout car nous ne savons pas tout, parce qu’il n’existe pas de savoir absolu, que rien ni personne, nulle part, ne sait tout, du tout au tout, parce que personne, nulle part, ne fait un monde, un seul monde de sa seule personne. Viendront, oui viendront des moments d’exulter et de nous reposer. Ces moments, préparés de longue haleine, seront uniques. D’autres leur succéderont ultérieurement. Ces moments uniront euphorie et repos sans distance aux circonstances qui les soutiendront. Afin de précipiter leur surgissement, leur jaillissement, nous ne confondons plus les malheurs ou les misères qui n’existent pas avec ceux ou celles qui existent bel et bien et qui, comme par hasard, semblent compter pour rien. Car les situations telles qu’elles périclitent aujourd’hui sont tout à fait insupportables pour des centaines de milliers d’entre nous tous. Cela, nous le martelons. Nous le martelons. Nous ne dérogeons pas de l’orientation que nous avons embrassé. Et puis, la guerre, les dissensions, ne proviennent pas de là où nous avons la satisfaction de les voir venir, de les isoler. Puisque nous ne savons pas tout, il nous faudrait accepter de ne pas tout comprendre. Oui, nous ne nous comprenons pas continuellement ; nous ne sentons pas non plus en permanence le battement incessant de notre cœur. Nous ne nous comprenons pas toujours parce que nous sommes vivants. Alors comment parler de la paix ? La paix n’est pas celle que nous avons la bonne conscience d’appeler de nos vœux pieux à en devenir fous et aveugles aux véritables persécutions, les laissant se développer autour de nous à la vitesse grand V – A tous ceux qui craignent la vitesse – et vous êtes nombreux – qui imaginent qu’il existe une vitesse du monde naturelle, une vitesse, un déroulement en réalité, normale des choses : pensons ; pensons encore et toujours et pensons en situation, soit sans nous séparer des mondes, de leurs logiques, de leurs matières, formes et déchets – jusqu’au moment où le pire apparaîtra tel qu’il est, tel qu’il existe déjà dans cet état de guerre généralisé mais non déclaré. Car, comme tout le monde, nous sommes en guerre. A moins que nous ne voulions pas voir les guerres à l’œuvre en de multiples endroits, menées par ceux et celles qui opèrent il est vrai parfois dans une quasi impunité, à l’écart de nos principes moralisateurs. Suivant ces principes, nous devrions faire taire les guerres en notre nom, celui de chacun et de tous. Sauf que nous vivons probablement la pire guerre des uns contre les autres, la pire guerre qui n’ait jamais dit son nom, la pire guerre de certains contre d’autres qui ne nous reviennent pas, qui ne nous reviendront jamais, cela parce que nous nous fourvoyons en nourrissant une idée fallacieuse de l’humanité. Les guerres sont manifestes. L’effectivité des guerres corrobore ainsi l’un des mensonges les plus éhontés de notre temps et de notre civilisation à la peine (rémunérée, aussi), savoir la paix du monde. A moins que cette paix ne concerne qu’une partie du monde, celle que nous estimons ou satisfaisante ou suffisante pour nous confondre à tel point. Et encore… d’une partie de gens concernée dans cette partie du monde-là, la nôtre, celle d’où nous élevons cependant une voix, notre voix, nous aussi, nous autres, nous-mêmes. Pareille illusion d’une paix entretenue à nos frais futurs n’est rien d’autre qu’un état – un de plus – sur lequel nous pouvons influer dès lors que nous voulons bien considérer à l’intérieur et à l’extérieur des ensembles dans lesquels nous vivons les guerres que nous menons ou que l’on mène en notre nom. Sinon, argumentons ! Et expliquons la chance, l’insigne privilège, la possibilité continue que nous seuls aurions de vivre en paix. De quelle paix s’agirait-il alors ? De celle des riches de plus en plus riches face aux pauvres de plus en plus pauvres dans un monde globalisé appelé à imploser un jour ou l’autre par la force des choses et au sujet duquel nous nous répandrons en lamentations les premiers signes tangibles de son implosion finalement devenus manifestes à nos yeux de malvoyants ? La paix des petits soldats du renoncement ? La paix des mollassons de l’Idée ? La paix des culs bordés de nouilles ? La paix des matérialistes déchus ? La paix des dépressifs pullulants ? La paix des amours monnayés, parce qu’ils le sont plus que jamais, d’autant plus monnayés qu’ils paraissent reposer sur le libre choix entre partenaires mais entretiennent seulement et simplement une très singulière confusion avec la ou les sexualités ? La paix d’une démocratie qui ne fera jamais la guerre à une autre démocratie sous couvert d’une conception commune et simpliste des droits de l’homme qui privilégie au bout du compte la corruption aux échanges intéressés ou désintéressés et supprime au fur à mesure leurs droits aux gens, à tous ceux qui existent vraiment – eux, qui vivent et qui meurent, qui aiment et qui haïssent sans séparer les poupées russes déjà existantes quand bien même ils en construisent de nouvelles ? Voilà que cela nous reprend : nous fulminons, nous nous outrons, nous sommes à cran, lucidement à cran, autant dire prêts à nous écrouler, à basculer dans la sérénité contemplative ou presque. Mais non, reprenons le combat contre la bête ingrate qui triomphe des désœuvrés jetés à son cou. Ah jouissive ataraxie ! Ces paix-là n’existent pas, mais alors pas du tout. A supposer voire en admettant qu’elles existent, elles ne sont pas pour nous ; nous les rejetons ; elles sont juste les guerres que nous identifions. Et pour que chacun en prenne véritablement conscience, il suffit de se rendre sur le terrain ou de penser les situations dans leur jus… Mais c’est en est trop ; cessons cette parole outrancière… Nous souhaitons seulement nous épargner les illusions les plus dévastatrices et les plus inhibitrices. C’est que nous privilégierons toujours, en dernière instance, l’incertitude à l’illusion. Cette instance, nous la tenons aujourd’hui entre nos mains, telle une patate chaude ! Les ressorts du consensus dans lequel nous avons été élevés usés jusqu’à l’os, nous passons à l’action avec méthode, discipline et détermination. Façon de parler dans la mesure où nous en conservons sous la pédale de l’être organisé. Mais ne dévoilons pas l’ensemble de nos ressources. Jamais. Agissons. Dansons ! distribuons et décidons d’opérer d’où nous sommes, d’éclairer les guerres qui annihilent des êtres tout près et très loin de nous, de ces êtres mêmes que nous considérons l’espace d’un rêve comme nos égaux. Pourtant les rêves ne nous suffisent pas. Les déclarations d’intention non plus. Qu’il soit clair entre nous que nous ne pouvons pas – et ne voulons pas, en tout cas ici et maintenant plus du tout, nous tenir tranquilles parce que cela serait pire ailleurs. Nous sommes sortis de l’impasse. Que cela soit pire ailleurs, c’est possible, c’est même certain. Et alors ? En quoi cela nous empêcherait-il de combattre ici et maintenant ? En rien. Vraiment en rien et, au fond, nous en sommes tous convaincus. Aussi remettons-nous le couvert. Nous sommes infatigables. L’unique moyen de nous arrêter consiste à nous abattre. Nous sommes sans horizon et orientés, anticonsensuels et vigoureux. Nous sommes déchaînés. Rien ni personne ne nous scrute, ne nous juge sinon nous-mêmes. Nous nous fixons des rendez-vous que nous honorons en athées, réfutant les étranges négligences aux mortelles inconséquences qui nous font rentrer dans le rang ou déclarer allégeance à l’insupportable ordre existant. Nous cessons d’abandonner l’humanité la plus chère à nos desseins à des structures auxquelles nous ne confierions jamais nos proches. Ne nous laissons par entraîner par la vénération de l’ailleurs de l’ailleurs ! Ne nous laissons pas abuser par une seule idée de l’amour. Si l’amour nous venait d’ailleurs nous n’aimerions jamais. Si la vie nous venait d’ailleurs, nous ne la donnerions jamais. Si voler nous venait d’ailleurs, nous n’aurions jamais décollé le moindre pied du sol. Si la politique nous venait d’ailleurs, nous n’en produirions jamais, ce qui est largement le cas ici et maintenant. Ah ! combien nos ennemis sont-ils fourbes ! L’ennemi n’est décidément pas invariant et nous ne croyons pas l’identifier au premier abord, n’étant pas bercés par ces fameuses et si funestes premières impressions auxquelles nous finirons bien par régler leurs comptes une bonne fois pour toutes. Non, notre ennemi est souvent au plus près de nous, à nos côtés, quasiment collé. Au fond, que nous importe d’avoir des ennemis lorsque nous ne savons même pas cerner nos adversaires ? Et que nous importe d’être en lutte, si nous ne laissons pas la résistance diffuse et ambiante à sa nature faussement radicalisée de sempiternelle opposition foncièrement dépendante de prudes illusions ? La barbarie, d’où qu’elle provienne, nous importe. Mais la barbarie dont nous sommes les producteurs et les acteurs résignés – étant cependant toujours prêts, ultérieurement, à tout faire (tout faire, tout regretter, tout pleurer plus tard, bien plus tard, impossible folie voyons que d’espérer vouloir tout dire ici et maintenant) pour nous en disculper, ici et ailleurs – nous importe d’abord, d’abord elle nous importe. Nous avons cru être calmes et nous ne le sommes pas. Nous avons cru être calmes alors que nous avons juste fait semblant de l’être, pour imiter le monde, comme si tout allait bien, comme si tous ceux qui rêvent ne finiraient jamais de rêver sans passer à l’acte et comme si ceux qui sont empêtrés dans la réalité corrompue ne pourraient jamais s’en dépêtrer… Peut-être sommes-nous en quelque sorte diaboliques ? Peut-être évoluons-nous sans cesse entre fureur et accalmie ? Peut-être sommes-nous encore vivants ? Peut-être sommes-nous monstrueux, de cette monstruosité qui constitue l’humain ? Peut-être sommes-nous plus radicaux que certains d’entre nous qui le sont sous caution ? Peut-être sommes-nous calmes par intermittence ? Non ! Pas du tout ! Voici donc bien l’une des meilleures nouvelles que nous ayons eu à annoncer depuis une éternité devenue glauque : nous ne sommes pas calmes. Réjouissons-nous ! nous ne sommes pas calmes.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

KOUNDRI

 

remou mormoiterbué lour lamèr léklarté dan lorske formepièrètrelä tabld’vizibl èrnakl antre kuisssss
                                                     
l0
ékoulmsiëflotemanroujernua juniknèjenui éku s urmè ma va la nsh son poi par konba floteman li touf
emantorsiondratayélarmurintérierklèr du shato rubisanktuère vagepl
èsouyuuure                                                                 kan grondemansouflinstrumanforse kan fraka toutedé an pièse une voi trinité tinteman     objéle    le flanboiman vakarmim obile 4mur sekré dun lètrabsanse brevajoutou2mélanje dotringrédian osi selui

                    de tro voir ou père non kèlke goute de pa pluto o de o r onbre inté r ier uneregar lande blésure o san le fon fuzion blansh er tro é blouis em an san de nèje or mon ma plè bezoin le koudey vivalure an miète min mortekol fragm an de mé os une anpe shemizelantre2kor
plafonkrazemanpié somèy plènindétèrminé voile foizon tuer diluer le sonbré une éretourtoile sé pler de santre janbe un orijine nèje gran froi fuzion pour f i r m a m a n lintériermonsalvaje ou lame tonbo mé la shaler osi par prézanskrakeman os krë an vou seleman bl a nsh e r or du kor ankor lui pière antre nou2 masinèrte shute de fron kan douler la blésure an relièf insizion v id ou le jayi du san ékoule manrituèlsépulture matela kor li une barke marékaje é le van shevë une flame mouvanse la bou ridondulasion kar tète no kor no kor arkade ey lé montan de sou la une tète mon forme dune li arshe dé s o rtilè j a n è le le li lé rame 4manbre pavé glisan kan vakarme           bondi plonjon lé antre lé dra é du litourbiyon          er absanselantrenoupointèkstrèmesusidé kontr murviolans oule la tète é léklateman kor dé de          kolone dan ey no vage de étofe tou épar lèskarboukle orneman unesilanse sou rame nèj é plui mor le plumaj e dun ki pan nuaj édredon s ilans a pa ra ns e aso konkaser partou dé marshandize dé abitan partou noiyé é lé asasiné a la forse no bra un
otrefoi goute a goute ojourdui èkstrémité fèr me
voisi de ma tète os té parol jolantrelakkor seleman une barbe sé poil touéfroi ton é no doi le rézurjans an toi lé 2sin rézoshevelure koundri pourkoi mal de lè or mé otre shoze plinte mélodi kèle é joiyë anfan blansher poizon ki blésure un un dékonpozé brevaj intérier ton ey don réyon ma mor mué antreoui éxxxxxxxxxxxxxxxxx èskif aboir e son le noutousdilusion mé padedan non oui indif éranse anfin re ga r kome du mourir la blésurokunbrui tristeantre tristèse é joi oui seluid
antre lé2 kar lotre velour kouvèrture le gri oder moizisurevo bra solitère dézir diluzionkèl untoujour parfoi moi lantrenou2 san lotre néan reflév i dpoison un forséman otre an le mouyé de la barke blésure lunlotrenéan korole3pétale uneun de mé journé roipésher ojourduilé manbralge é té min é té pié lé mayintérier de mé flan un sel ou ékla filé de no kor sinple le dilué tou le sièl de mé kome kristalékaye é poison de mon filé poi de ton an'nui bateman klapoti pore-ublo suer sète nuinéan sékrésion pui sa shèr no pétale
dé lamefroisemandun pliseman de po konbleman dun m o r
tère tète mon pourtan o p r è d e v o u plukesandifraksion dan shok amforval lédékapité débri intériergaste parsèle do frakture dos sak resak po lafroider de lameinutile dantonsankomebouyonemanre gardisparètreklarté du pon éfondremantoranrebondileroulemanblokglase tous miliédië anbrun klabousur or du li sèkojourduidémorsodarkansièl anopièreri kar no min plu de doi monde an tournoi par ou é lotre 1sel pié mé rouje anputé 2min té lèvre kome or si an lui an sirkui fèrmé pour é blanmèprésionprékosion sur         le sin dou    doulershaler de   le fèr        a   lantourbéanse      voile lè = la shemizamforval lanbo re garla puder geniye sur po ruis è le man du konba sé blésure lië non la liker m ma mè le la marshea té yë kome sé tèstikule       an moi padoder douler pa de no 2kor titurèl vaper no 2kor épéser un alo 2lèvr ki parmoman un bézéklèr  voiyansejonksion popière sou lé pié tè té kla tem an boipar lorèy é le né orbite konkave sagoni odoriféranvèteman        de      pikure dé r ank o ntr a ntre s ho kshevalé blok té ré binté sans'aloès muskade kardémone osi fraka oraje la poitrine pui un soulèveman mon dapreté shèr lasoupir kor du répandre polèn' dan krë p oudra ro ma tik juska sufokasion pour intérier sé volute le ton vide kréasionbezoin mé sin léshapé salamandre sou po lazare soudin o tonbo ton travaydélivrans émulsion mé biintodey de shèr lamforval         étranjé tourmant’ou sé parfun réèlnudité pa sur redoné        vi       son viza je ni o rè ye ni boushe pa onbre d ormi rtoutévéyé dun sheve kèl pouvoir plè tou son kor un sel forse de la okune iradiasion mé sasomèy piè re un akte tourman amforvaltourbiyon dan angoise ou le lè de gran lé krakèlétinsèle an plin kertoute lamforvantraye kan un préz a ns e dragon è s p a s e linposiblefranshir un demipié la gran kou anpekoursirkui ékontaktpa de ____________ kor semuskl sézir fë ébruis e man lo bondir puisansétoneman lélevétourn anlame sheval san rézon sadvèrsère bleïseman é dé kripourbra é kapable de lébouklié mertrisure atoutinstan bra pui retour o sin dèstrié kontr   kabosékaye ou puisante mélé le konba lans'épië krouleman    é lé blésévizion du dan obèr déshiré silans'un répons ataksel flanbo klèr vinkrelintérier sur paroi desur lèrb marbre le sol un gran bushé korde sé un sel rubi foururemor brèzalonjé flame a lotrè ks trém ité porte dasié fèr sanglan la lanse lasanblé pui plè lumiè re par la suite é kandélabreprogrésiveman         dor dan le sonbrékarlate tou lé baton divoire a lintérier glasial une nui kome nèje an lakèle min un kristal le granvaze ou du fijé sète uile suspansion pière é palpitasion sesi sou un        an doulersurégu le kouran la tète un étranglémanto fuziongraalsèrvo partou épansheman

 

béanse anpe sanonimé
la fin tandu lak fijé
dra rijidifroi faseman pa onbraspérité kar danse é
         kenouye éguiye la sène ou travay rid
o tisaje konkrévirjinité

le débu

 

 

(1989)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

se cogner se frotter contre [par exemple] juliette se frotter contre juliette me frotter avec les mots juliette chaque fois que je te vois je pense à sade et j’imagine j’imagine mais je ne le dis pas me frotter avec me frotter contre avec prudence juliette un peu triste un peu fermée ou disons repliée tu es un peu repliée juliette c’est à cause de cette fête où je faisais le bar toute la nuit je suis fatiguée oui mais tu es un peu repliée un peu refermée les épaules les hanches la façon dont tu marches minijupe longues jambes fines bottines et collants noirs en déplaçant aussi peu d’air que possible un coquillage à marée basse quand même je me frotte un peu on se frotte un peu mais c’est retenu bien trop retenu je voudrais me frotter encore je voudrais mais est-ce que je voudrais vraiment est-ce que c’est bien moi qui voudrait est-ce que c’est un moi hypothétique un songe de moi qui voudrait se frotter encore à toi juliette décharger contre toi  le trop plein d’électrons qui courent à la surface minuscules étincelles d’être c’est peut-être cela être minuscules étincelles au contact d’un corps étranger parfois un effleurement suffit parfois non électricité qui court désir désir comme condition de l’être est-ce du désir juliette ou  bien est-ce le désir du désir est-ce le désir de ton désir est-ce du désir juliette ou est-ce un simple phénomène électrique le désir est-il un simple phénomène électrique une question de charge de décharge électrique et si c’est le cas être l’être mon être ton être une série de charges positives négatives plus moins un système binaire zéro un zéro un un zéro zéro un etcetera il faut creuser la question car être oui être c’est une idée mais être quoi mais être qui être comment peut-être que ça suffit d’être à peu-près d’être à peine d’être sans forme bien arrêtée cette forme-ci ou cette forme-là en fonction des formes sur lesquelles je bute des formes qui donnent forme à mon désir d’être se cogner contre se frotter contre [par exemple] mélanie la garçonne clope au bec gaieté pétillante air triste-tout-à-coup clown triste mélanie on se donne des bourrades j’aime me frotter un peu rudement à toi mélanie tu te moques de moi on roule dans ta camionnette aménagée cet été tu travailles dans les cochons c’est ce que tu dis et tu dors dans la camionette ça te permet de payer le loyer tu as fait une école d’art mais c’est un peu par hasard tu es plutôt réactionnaire c’est ce que tu dis tu te moques de toi tu ne sais pas si ça t’intéresse vraiment l’art mais c’est bien de le faire même si c’est pour savoir que c’est pas ça c’est ce que tu dis c’est toi qui le dis moi je ne dis pas le contraire qu’est-ce que c’est l’art de toute façon est-ce que ça existe je ne sais pas l’art et l’être invention de la subjectivité etcetera ça s’invente ça se fabrique ce n’est pas donné d’entrée bien sûr que non au contraire c’est donné d’entrée c’est une donnée de départ au contraire on l’a fabriqué sans te demander on l’a fabriqué pour toi voilà c’est ça débrouilles-toi espèce de drouille juste le dernier de la lignée l’âne chargé de toutes les malles pleines de secrets et de mensonges un âne une bête de somme une bête de trait avec des oeillères à condition d’avoir été correctement chargé correctement harnaché d’avoir sa propre charge à tirer ou alors regarder les autres tirer leur charge et tenter de les imiter tenter de prendre leur place sans succès une vraie charge ça ne s’invente pas de toute pièce une vraie charge comme la tienne par exemple doris guerre civile morts par centaines de milliers parents exilés une histoire une charge mais peut-être trop lourde pour toi menue tellement menue qu’on n’ose pas on n’a même pas envie de se frotter est-ce que tu possèdes un corps auquel se frotter je n’en suis pas sûr même quand tu travailles au montage une visseuse à la main où quand tu te bats avec ton échelle double de toi tu es forte mais c’est impossible de se frotter je ne sais pas pourquoi avec mélanie on se caresse on se castagne on se castagne aussi avec les mots on se sonne avec les mots et puis avant les mots il y a la voix la voix de doris ne sonne pas la voix de doris ne sort pas ou bien c’est plutôt d’où elle sort pas elle sort pas de la gorge d’ou sort une voix de la bouche du nez du haut du palais de la tête la voix de doris sort de nulle part avant de franchir obscènement les lèvres l’air fait demi-tour juste un murmure juste un filet maintenant ils dansent dans le hall du théâtre ils ont monté le son et je comprends à peine ce que tu dis je comprends un mot sur deux et le reste j’essaie de deviner je me concentre très fort pour deviner et juste t’écouter avec cette concentration comme en cherchant à aspirer ce qui ne veut pas sortir de toi je sens bien que c’est obscène c’est déjà quelque chose de

 

essayer essayer encore essayer intéressé mais pas trop pas trop excité mais peut-être que c’est le contraire excité mais pas tellement intéressé excité énervé stupéfié par l’étrangeté de ce rien entre les jambes de ce vide une culotte blanche et il n’y a rien dessous je n’ai jamais vraiment compris je n’ai jamais vraiment guéri cette fascination même longtemps après avoir examiné la chose la non-chose de plus près ça reste un mystère absolu c’est peut-être justement çà cette incompréhension absolue c’est peut-être justement là dans une sorte de symétrie à ce mystère de l’être-sans-rien-entre-les-jambes essayer encore désirer désirer trop violemment sans savoir exactement quoi faire partie de la bande des filles les garçons ne veulent pas jouer avec moi ou bien c’est moi qui ne sait pas jouer à leurs jeux les garçons de la tribu se frottent la queue en érection les uns les autres avant de partir massacrer la tribu voisine pour voler les filles pour violer les filles bander pour la bande j’en suis tout à fait incapable je n’en suis pas fier je me frotte un peu on se frotte un peu mais c’est retenu bien trop retenu je voudrais me frotter encore je voudrais mais est-ce que je voudrais vraiment est-ce que c’est bien moi qui voudrait est-ce que c’est un moi hypothétique un songe de moi qui voudrait se frotter encore est-ce du désir ou bien est-ce une idée de désir ou est-ce autre chose qui me tire vers est-ce du désir pour les autres ou bien est-ce du désir pour moi-même calebasse vibrante de désir et d’angoisse de joie et de tristesse à la limite de l’explosion vibrations basses profondes à l’écoute des sensations ou un peu avant les sensations neurones vibrants doucement et peut-être se connectant au hasard bien avant la pensée mais déjà la même chose que la pensée est-ce cela est-ce un désir d’explosion qui me fait désirer les filles ou alors désirer qu’elles me désirent autant que moi je me désire est-ce une pulsion d’explosion combattue par une pulsion d’effondrement sur moi-même comme un satellite non stabilisé qui oscille entre deux orbites arrachement à la gravité attraction d’un autre corps oscillation entre deux corps arrachements et attractions multiples dans le vide mais en oubliant le vide elles grimpent une de chaque coté en rampant littéralement mais verticalement sur la colonne humaine se frottant à la colonne de corps masculins puis féminins empoignant posant le pied sur les hanches et les épaules collées aux corps qu’elles escaladent et tout à coup sur la plage il y a encore de la neige et ernesto se tourne vers moi et me dit en riant avec un geste expressif i feel the cold in my eyes tout à coup l’une des gamines hésite elle se met à trembler tout se met à trembler en un instant tout se défait tout dégouline jusqu’à une masse informe qui se mélange en bas il faut être sûr mais même si on est sûr il n’est pas question de sûreté le moindre doute et c’est foutu le moindre doute et on est replié dans l’inexistence c’est pas un truc individuel individuellement c’est absolument impossible ça m’est absolument impossible je peux juste essayer de et puis m’enfuir je peux juste essayer de et puis tout casser me frotter à juliette la douce et triste juliette me battre avec mélanie prendre doris dans mes bras comme un enfant et son poids dans mes bras me donne la force de tenir debout et elietji quoi faire avec la macho-sexy-girl elietji talons hauts minijupe et visage de travelo elle me chuchote à l’oreille je suis un travesti secret si tu le dis c’est plus un secret oui ne le répète pas quoi faire avec la macho-sexy-girl elietji je ne sais pas je crois que ce serait plutot elle qui ce serait plutot à elle de je ne sais pas mais je sens qu’il y a une ouverture une possibilité ontologique que je n’ai pas explorée comme dans l’histoire de la princesse qui n’est pas vraiment une fille ou bien qui est une fille mais aussi un garçon je lui dis peut-être c’est toi la princesse de mon histoire elle sourit énigmatique comme une espionne de roman je lui dis tu comprends je ne sais pas encore je ne sais pas si elle est vraiment à la fois une fille et un garçon je ne sais pas si c’est possible je ne sais pas qui elle est je ne sais pas si elle est un peu le même que le même qui serait debout comme ça au milieu de qui se dresserait parmi qui prendrait la parole et la garderait

 

 

[rémi marie, ça au milieu de qui, mars  06]

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Poser les mains sur les affiches et dévorer les chiens-

De

bou

t-

 

Trouer les cavités, pousser la terre jusqu’au détail. L’avaler-
Avaler l’air et-
Avaler          et          cracher
                         jusqu’au
                         sang.

 

Le sang-
Le sang boucher : Etal de viandes rouges, coup de sifflet brutal dans l’oreille-
                                      L’oreille, oreille droite, oreille droite mécanique
                                                                                                                       qui
tend son cri-
Le cri : L’avaler. Le poser sous la tête et dévorer les chiens.
                   Yeux blancs. Les yeux flaques de nerfs pour,
                                                                                                avaler-

 

Avaler la pluie qui s’engouffre,

  choc. Choc.
                                             Choc le cœur se dilate. Choc. Choc.
                                             Cœur n’en finit pas de choquer-
Alors-
Alors poser les mains sur les machines, les doigts plaqués sur métal froid :
Fissure-
                                                  Avaler.

 

Avaler le Rien qui brûle quand la boue se crispe à la gorge mais : Avaler.
Les chiens, les dévorer.

 

Debout trouer les cavités, pousser la terre jusqu’au détail,

 

 

jusqu’à l’or bleu,

 

 

jusq

u’à

ton

nom.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

MUSIQUES POUR UN TOMBEAU [1]

 

« O enfants de ce siècle, ô abusés moqueurs,

Imployables esprits, incorrigibles cœurs,

Vos esprits trouveront en la fosse profonde

Vrai ce qu’ils ont pensé une fable en ce monde. »

Agrippa d’Aubigné, « Les Tragiques », (l’Enfer)

 

A nouveau (Golfe 2, post nièmes fois), comme un aimant, c’est la limaille des mots méso-nécro-chaos, au pot-tamis des rimes où les tortures phoniques d’une ode sanguine & écorchée rallongent le béton d’un groove grave, insolite.. Rubans, bandes, bannières, lanières, lisières..

Ou c’est comme dans un garage, un entrepôt, un hangar glam pop’n’roll disco punk post rock, ce jadis carrefour & berceau, imaginaire d’enfer devenu, cette rocade de rocket’roll, rock indi noisy & power pop, cette bande-son pour un si long d’un moyen-orient métrage-métal (re .façon « Apocalypse Now »), texture complexe de ska, d’hip-hop orchestral & d’ down tempo.

& où on entend ici & là une batterie façon Led Zeppelin, des chœurs à la Marc Bolan, des guitares acoustiques à la Bowie, un vocoder & toute une mémoire de psychédélismes, d’harmonies tordues, d’orgues de barbarie ( !) & tout le foutu toutim. Rubans-turbans, bandes

Alors nous sommes comme à bord d’un vaisseau spatial ( ?) où s’enfile le groove, s’emboîtent de savants arrangements, minuscules trouvailles, hip-hop extra-fin, funk moite & drum’n’bass rampante qui distillent sans fin le son de fond, dolby-stéréo à fond, du théâtre des opérations – sur écrans géants, en live-différé, puis en boucles en friselis, en guipures, en festons & galons

C’est presque à s’y méprendre du pop bio avec réverberration tirée du puits, avec des instruments boisés & cordés d’époque, avec des cuivres trempés ; c’est presque à s’y méprendre du blues éraillé par les scratchs & habité par cette voix étonnante qui renversa (& reversera le verso du recto ? ) les frontières d’un folk psyché ou d’une bossa essorée jusqu’à l’os.

… jusqu’aux os blanchis à la chaux des charniers, des rocailles de la plaine, des blocs des  tumulus fouillés, éventroués, violés : blues / blanc incandescent sous dôme tumulte-tuyères …

… l’œil était dans tombe & regardait. Un œil factice & bizarrement proche du drougy, mais un œil, tout de même. Un de ces regards de judas, glissant un semblant brin d’âme dans les cellules capitonnées de ce jadis royal caveau, sauvegardé des bombardements 20003 d’où on exhuma un calculus, ce petit cône d’argile en usage à Sumer, il y a 5000 ans. Rubans-turbans.

« La Fée Décadence » (comme il est dit) invente un rock hybride aux accents trip-hop dans le soyeux magnifique de sa rythmique velue, l’élégance hargneuse de son chant : « Superflic rechigne déjà à respecter ses propres principes, troupes de néo-sauvages lardant, pilonnant, pilorant leurs propres créations de génie en si tristes fanfaronnades ! » ..Rubans-bandelettes...

Il ne rôde que la Mort, faucheuse triviale & enjôleuse geôlière, traînant de ci de là ses guêtres d’os & son regard d’enfant, qui caresse le nylon d’une guitare, délivre dans le dépouillement la moindre de ses confidences : un rien de pop & autant de hip-hop, un vent d’Afrique & une chaloupe jamaïcaine vivent là, au creux de chansons aux senteurs d’orage pour le martyre de la terre d’Irak, la nécrose de la Mésopotamie : site d’Eden entre Tigre & Euphrate, matriargile de l’écriture-calame, berceau du 0 qu’on veut réduire à néant, sarcophager d’amnésie, pulvériser pour la nuit des temps. Rubans-bandelettes enrubannent, enturbannent, momifient..

 

A moins qu’il n’en triomphe comme présence d’une absence, selon son invention : CQFD ….

 

Le 04 – XII – 05

« L’HOM DE BOUE »

 

« Par des crevasses que des ruines d’eau témoignaient avoir creusées, je dévalai ds la plaine, où pour l’épaisseur du limon dont la terre était grasse, je ne pouvais quasi marcher. Ttefois au bout de qque espace de chemin, j’arrivai ds une fondrière où je rencontrai un petit homme tt nu assis sur une pierre, qui se reposait…[2] «   lhom de boue, de sa glèbe, l’Adam glaiseux, de son argile, de sa terraqueuse, de son marais, de sa fange, de ses miasmes, de ses marées-cage, lhom gadoue de boues pélagiques, de sa gadouille de boues bleues, de son bourbier de boues vertes, de sa tourbe de boues rouges, de sa bourbe de boues radio-actives, de son crottoir de boues grises, de sa bouillasse de boues blanches, lhom du bawa, du bawwwardage, ce bousier d’encrier, lhom !

« Je vais, répliqua-t-il, vous étaler des secrets … Regardez bien la terre où nous marchons ! Elle était, il n’y a guère, une masse indigeste et brouillée, un chaos de matière confuse, une crasse noire et gluante dont le Soleil s’était purgé. Or après que par la vigueur des rais qu’il dardait contre, il a eu mêlé, pressé et rendu compacts ces nombreux nuages d’atomes ; après, dis-je, que par une longue et puissante coction, il a eu séparé ds cette boule les corps les + contraires, et réuni les + semblables, cette masse outrée de chaleur a tellement sué, qu’elle a fait un déluge qui l’a couverte + de 40 jours ; car il fallait bien à tant d’eau cet espace de temps pour s’écouler aux régions les + penchantes et les + basses de notre globe… » lhom du limon qui de son lit a nom, lhom de la vase, lhom de la lagune, lhom du lagon, lhom du bayou, lhom de la bourbe, de la tourbe, lhom de boue, lhom de la bouca, lhom du boucan de la bouche, lhom des bouches, lhom des boucheries, lhom de la boucherie en boucles, lhom des boules (comme parent en thèses), lhom de la bouffe, lhom de l’opéra-bouffe, lhom bouffon, lhom qui bout, lhom qui dans son bouge bouge, lhom boule d’ange de la boulange, je ris, jaune, de l’ange à la bête, je ris, vert, de lhom au bouledogue, je ris, rouge, de lhom bougnat, bougre bougon, bourru dans son boui-boui- bougnitude, mais je ne ris pas du bougnoul ni de lhom dans la bouleverse d’amour ni de lhom de la boule-dévastation d’amour qui fait un bourbier de sang d’encre & de colie !

« De ces torrents d’humeur assemblés, il s’est formé la mer, qui témoigne encore par son sel que ce doit etre un amas de sueur, tte sueur étant salée. Ensuite de la retraite des eaux, il est demeuré sur la terre une bourbe grasse et féconde où, quand le Soleil eut rayonné, il s’éleva comme une ampoule, qui ne put à cause du froid pousser son germe dehors. » Lhom, ce bousier d’encrier, lhom au bouquet de bouquins, lhom boulimique de bawwwardages, lhom & la bourbe, lhom & le bourbier, lhom & le bourbillon, lhom & le bourdon & son boubon, lhom de toutes les bourdes, lhom & la dive & vide bouteille, lhom du bout au bout debout, le doigt sur le bouton pour la bourlingue de la grande déglingue, la surboum bagdaboum, lhom dans la bourrasque, lhom de la, lhom à la bourre, toujours au labour, lhom toujours + bourru, lhom toujours + bourré, lhom comme bourriche, lhom comme bourride, lhom comme bourrique de la bourse, lhom comme boursouflé de la bourse, lhom bourriqué, boursouflé de la bourse comme boussole, lhom comme boursier de la bouse de la bourse, la bourse comme boustifaille, si peu bousier d’encrier, bouzigue !

« Elle reçut donc une autre coction ; et cette coction la rectifiant encore, et la perfectionnant par un mélange + exact, elle rendit ce germe, qui n’était en puissance que de végéter, capable de sentir. Mais parce que les eaux qui avaient si longtemps croupi sur le limon l’avaient trop morfondu, la bube ne se creva point ; de sorte que le Soleil la recuisit encore une fois ; et après une 3° digestion, cette matrice étant si fort échauffée que le froid n’apportait plus d’obstacle à son accouchement, elle s’ouvrit et enfanta un homme … » Au bout, lhom debout sur son tourbier de charniers, son bourbier de momies, sa bourbe de momies, sa glèbe de momies, sa glaise de momies, son argile de momies, à ce bousier d’encrier de mots mis bout à bout, en boustrophédon, je dis debout ! de bout lhom de la barbouille ! lhom debout, les pieds dans barbotine d’argile cuite pour les cunéichiffres, barbouzier d’encrier !

« …lequel a retenu ds le foie, qui est le siège de l’âme végétative et l’endroit de la 1° coction, la puissance de croître ; ds le cœur, qui est le siège de l’activité et la place de la 2° coction, la puissance vitale ; et ds le cerveau, qui est le siège de l’intellectuelle et le lieu de la 3° coction, la puissance de raisonner… »

 

J’H.O.M : je suis homme & je nomme ainsi l’authentique discours de l’homme, de l’hom-ard, l’adresse à l’hom-bre, l’allocution de l’hom-e, la conférence, l’hom-élie, la harangue de l’hom-éomorphe, le message de l’hom-éopathe, l’oraison de l’hom-éostasie, la proclamation de l’hom-éotherme, le sermon de l’hom-érique, la tirade de l’hom-espun, l’énoncer de l’hom-icide, le dire de l’hom-létique, l’émettre de l’hom-inidé, l’exposer de l’hom-inien, l’expliquer de l’hom-mage, le formuler de l’hom-masse, le prononcer de l’hom-me, grenouille, orchestre et sandwich, le parler de l’homo-logos, l’articuler de l’homo-cinétique, le prononcer de l’homo-cylique, le bavarder de l’homo-donte, le causer de l’homo-gène, le conférer de l’homo-graphe, le monologuer de l’homo-greffe, le dialoguer de l’homo-logue, le triloguer de l’homo-nyme, le quadriloguer de l’homo-phone, le palabrer de l’homo-sexuel, le papoter de l’homo-sphère, l’affirmer de l’hom-oncule, le communiquer de l’om-belle, le confier de l’om-bilic, le déclarer de l’om-ble, ble, ble & blabla, l’ébruiter de l’om-bre, bre, bre, l’énoncer de l’om-brien, l’exposer de l’om-budsman, l’exprimer de l’om-éga, le montrer de l’om-elette, le parler de l’om-ettre de lettres, le raconter de l’om-nibus, le réciter de l’om-nipotent, le débiter de l’om-niprésent, le formuler de l’om-niscient, le proférer de l’om-nivore, le réciter de l’omo-plate & de l’om-phalo …………………………………………………………………………………………….

 

« Il aurait continué, s’il n’eût aperçu à l’entour de ce gazon d’argile le terrain qui palpitait. Cela lui fit juger, avec la grosseur du bubon, que la terre était en travail, et que cette secousse était déjà l’effort des tranchées de l’accouchement. Il me quitta aussitôt pour y courir, et moi j’allai rechercher ma cabane. »

 

Debout, lhom de boue, pour devenir éolien & de tourbe en tourbillons s’envoler &, sortiléger, faire le Grand Icare ascendant !

 

Ce 10 – XII – 05

 

 

« Le bousier d’encrier »

 

ou

 

« Le scarabée doré » :

 

Alain ROBINET


 

[1] Ce filigrane de notre temps est librement inspiré par certaines présentations de la programmation nov.-déc. 05 de la Coop de Mai à CL-Fd, in Auvergne.

[2] Extraits de l’épisode & du discours de « l’homme de la macule » à Dyrcona in « Les Etats et Empires du Soleil » de Savinien Cyrano de Bergerac (Folio p.203 & svtes).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Lutte mandibulaire avec la langue
Je lutte avec mes mandibules contre la langue bidule, la langue truc, la langue machin, la langue chose, la langue tu sais ce que je veux dire, la langue m’enfin, la langue machin chose, la langue bidule truc, la langue mais ça s’impose, la langue pourtant c’est clair, la langue au tout j’adhère, la langue à s’y méprendre, la langue vas-y répète un peu pour voir, la langue qu’est-ce tu m’veux, la langue va te faire voir, la langue mathusalem, la langue les pieds dans l’plat, la langue tiens prends donc ça, la langue ça te regarde pas, la langue bouge de là, la langue qu’est-ce tu dis, la langue déficitaire, la langue budgétaire, la langue parlementaire, la langue alors mon cher, la langue France Info, la langue ras le bol, la langue ramollie, la langue mais oui mais oui, la langue à cent sous, la langue qui a du goût, la langue béni oui oui, la langue et ce sera quoi pour la p’tite dame, la langue apolitique, la langue de bois, la langue le feu au fesse, la langue allongez-vous donc un peu, la langue t’as de beaux yeux tu sais, la langue tu baises, la langue la ramène pas trop, la langue j’en reprendrais bien un peu, la langue ce soir j’ai la migraine, la langue lèche-moi, la langue rentre chez toi, la langue qui exclut, la langue tous des trous du cul, la langue va voir ailleurs si j’y suis, la langue mais bien sûr j’vous en prie, la langue encore encore, la langue du désaccord, la langue qui rime à rien, la langue pardonnez-moi de vous déranger, la langue attention à la fermeture des portes, la langue le train va bientôt partir, la langue CNN, la langue académicienne, la langue tiens donc ta langue, la langue tournez sept fois votre langue dans la bouche avant de parler, la langue dis bonjour à la dame, la langue ne mets pas tes coudes sur la table, la langue tiens-toi droit, la langue de quoi j’me mêle, la langue occupe-toi de tes oignons, la langue va te faire voir chez les grecs, la langue y’a pas écrit la poste, la langue espèce de…, la langue débiteur, la langue à la rue, la langue alanguie, la langue pourrie, la langue taisez-vous, la langue la ramène pas, la langue débarrassez-moi de ça, la langue uniforme, la langue informe, la langue qui nous informe, la langue publicitaire, la langue qui nous fait taire, la langue qui nous enterre, la langue politically correct, la langue PG, la langue va t’faire cuire un œuf, la langue t’as vu sa gueule, la langue poubelle, la langue dégueulis, la langue m’as-tu vu, la langue qui salit, la langue débris, la langue qui s’habille, la langue qui déballe, la langue star ac’, la langue ramassis, la langue t’en as de bonnes, la langue enfin quoi, la langue difforme, la langue blanche, la langue bidochon, la langue tu t’la radines, la langue t’es moche comme un pou, la langue j’vous en supplie, la langue ayez pitié, la langue cliché, la langue catégorique, la langue pléonasme, la langue ectoplasmique, la langue qui vous hérisse, la langue messianique, la langue des croisades, la langue infernale, la langue en vrille, la langue qui a la quille, la langue sardine, la langue à l’huile, la langue allégée, la langue pourléchée, la langue par mégarde, la langue prends-y garde, la langue j’mettrais ma main à couper, la langue superstition, la langue avec mention, la langue sans émotion, la langue en émulsion, la langue chance aux chansons, la langue des grands boulevards, la langue des malabars, la langue salade, la langue vinaigre, la langue laide, la langue radine-toi, la langue pousse-toi de là que j’m’y mettes, la langue experte, la langue alerte alerte, la langue insipide, la langue sourde, la langue plate, la langue rat, la langue d’en bas, la langue d’en haut, la langue semi, la langue à moitié, la langue à demi, la langue orientée, la langue assimilée, la langue d’épouvantails, la langue repoussoir, la langue balançoire, la langue accessoire, la langue finalisée, la langue imitée, la langue parasitée, la langue atrophiée, la langue boursouflée, la langue parasitaire, la langue à l’envers, la langue appliquée, la langue ébouillantée, la langue passoire, la langue rasoir, la langue va te faire voir, la langue mouroir, la langue qui met à part, la langue alambiquée, la langue étriquée, la langue armoire, la langue mitée, la langue qui sent le refermé, la langue asphyxiée, la langue sabrée, la langue manchot, la langue infirme, la langue estropiée, la langue eh oh hein bon, la langue au poivre, la langue amère, la langue sacrilège, la langue on abrège, la langue utopie, la langue assermentée, la langue qui a fermenté, la langue paralysée, la langue j’digère, la langue comme tu exagères, la langue abêtie, la langue à bêtises, la langue j’te parie, la langue endurcie, la langue qui éparpille, la langue cérémonie, la langue nœud papillon,la langue pantouflarde, la langue flemmarde, la langue qui baille, la langue aplatie, la langue amortie, la langue éteinte, la langue morte.

 

 (A suivre)

 

Virginie Poitrasson, 2005

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mais parfois nécessaire de repartir. De réunir en projet les os et les muscles et les tendons et l’envie. En surface de lancer sans jalonnement le palet, de ricocher sans trêve et sans trèfle, de bâtir et écrouler ses bâtiments sur les fleurs, de décrocher les feuilles.

C’est une petite musique dense, complémentaire et accrocheuse, soupir de sirène aux beaux tétons, brusque réflexe des cordes.

C’est un thème et deux tons, tout blond nageant, surface courbe, interface salée toute pleine du mystère de ses fonds. Magma d’écaille, masse molle qui frissonne, longue chevelure animale du goémon.

*

Tu es souple et ne comprends pas. Œil vitré. Ni le divin des mots, ni la teinte du son. Inconnu à mes fermes frontières, poisson vif et trouble carnassier, caresse de la coque.

*

Beau temps, et je soif et je sel, rousses lueurs.

 

C’est un ruisseau

 

Je longe et retourne sans cesse les douces pierres, galets à demi mots, chocs d’étraves boisées, de troncs, algues éperdues. Et sur le port de mes cuisses, en arêtes et quais, la petite lune rongée disperse les nuages.

Du monde, un souffle, un grain.

 

Vous vous appelez, seul mais à haute voix, sans sexe.

Puis longer et retourner.

 

Les pneus ont silencé l’herbe écornée, sur une bonne longueur, en erre. Dans mes cheveux, gras à force d’air, noués de doigts fiers de raison. Ondes en victoire, vite défaits.

 

Les pâtures picotent et caquètent sous la sieste. Du rêve vert sous ma tête, du grésil.

 

C’est un repos.

 

Demain, les grands vents faucheront les frênes et pousseront au pull.

*

L’effort de reprendre le licol, armer la bêche, regarder la mer dévorer les galets puis les prés

Et reprendre l’abattage

Séparer les vagues de sueur, de celles du bonheur

*

La natation parmi la foule, le grand bassin des esprits et des pas, des chocs de poitrines, des angoisses essoufflées. La brasse coulée, le crawl agrandi, le moineau français, le dauphin empereur.

Souffler les bougies jour après jour, sans se noyer.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

en déhanche panache un texte que trop ne connais à me précipite dans le décor

 

 

que tout presse sous la langue d'attentats voudriez-vous, je vous en prie, me dire quel chemin je dois prendre pour m'en

 

 

aller d'ici ? soupçon salutaire aucune j'langue de trop près la gorge et ses cordes la mort est ma ligne

 

 

genre geek ou nerd je crains l'étiquette moi qui bois au goulot de folles accumulées tout esseulé et triste, un peu

comme un thermos fêlé - impeccable extérieurement, mais dedans

 

 

que du verre brisé fais l'intéressante indigne en folie vieille dame  pour autrui aussi je suis très jeune homme pour n'être

 

 

le diable en a mis plus que nécessaire sous mon cortex frontal de fait goût pour les gestes inutiles

 

 

ceux de l'arracheur d'idées crasses  on a du bouillon ceux du boucher affineur qui enrage de poésies

 

 

ceux troublés d'une injuste douleur qui donnent d'envies d'écrire plus que le singe ne découpe

 

toute la vie est un adieu les pistes d'aviation se gondolent au Nunavut

 

 

qui mouillent nos lèvres baisers effroyables voyager c'est perdre des pays

 

 

Shakespeare légende des frontières applaudit à Beckett